Lancement des travaux pour la construction du radar météorologique de Nouméa

Lancement des travaux pour la construction du radar météorologique de Nouméa

22 avril 2026

Environnement

première pierre radar Nouméa

Jacques Billant, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et Jérémie Katidjo Monnier, membre du gouvernement chargé de la transition écologique et du changement climatique, ont effectué une visite de site à l’occasion du lancement des travaux de construction d’un nouveau radar météorologique à Nouméa.

Ce projet s’inscrit dans un programme de modernisation du réseau de radars météorologiques du territoire, qui prévoit notamment le remplacement des radars de Nouméa et Lifou par de nouveaux équipements, ainsi que l’installation à Kopéto d’un nouveau radar pour rétablir la couverture sur le nord de la Nouvelle-Calédonie. Ce projet est mené dans le cadre des contrats de développement entre l’État et la Nouvelle-Calédonie 2017-2027.

Un renouvellement attendu des radars météorologiques

Les radars météorologiques permettent une appréciation en temps réel des précipitations et participent ainsi à la sécurité des personnes, des biens, du trafic aérien et à la connaissance du climat.

Leurs données servent au quotidien au travail des prévisionnistes et sont utilisées pour la gestion des aléas environnementaux, tels que les cyclones, les inondations, ou encore les sécheresses. Les images radars facilitent, par exemple, la localisation des phénomènes cycloniques affectant la Nouvelle-Calédonie ou encore celle des orages.

Ce projet de renouvellement est doublement stratégique, permettant ainsi d’atteindre deux objectifs majeurs :

  1. Rétablir la couverture radar sur le nord de la Grande-Terre. Lors du passage du cyclone Oma en février 2019, le radar de Tiébaghi a subi d’importants dommages, rendant impossible sa remise en service. Démantelé depuis, son remplacement est une priorité pour le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, via son service de la météorologie.
  2. Renouveler les radars de Nouméa et Lifou avec les dernières technologies.

Ces deux radars en activité sont installés depuis 2001 à Nouméa et 2008 à Lifou. La durée de vie pour ce type d’équipement étant de l’ordre de 20 à 25 ans, leur renouvellement est une nécessité.

« Que ce soit pour l’agriculture, l’activité aérienne, ou encore le transport maritime, nous avons besoin quotidiennement de données météo fiables. Nous voyons aujourd’hui toutes les difficultés que l’on a à avoir des données dans le Nord depuis que le radar de Tiébaghi a été détruit par le cyclone Oma et l’impact que cela peut avoir sur de nombreux secteurs. C’est pour cela que ces projets sont essentiels », a indiqué Jérémie Katidjo Monnier.

Un investissement important et essentiel

Le renouvellement des radars est un investissement qui permettra de disposer d’un réseau d’observation des précipitations pour les 20 prochaines années. Ce projet, porté par la Nouvelle-Calédonie, est soutenu financièrement par l’État au travers des contrats de développement 2017-2023 et 2024-2027. Le budget global du projet est de 1 126 M XPF, dont 68 % (764,6 M XPF) sont pris en charge par l’État.

Le matériel radar (antenne, émetteur, radôme, pièces de rechanges, logiciel) représente 45 % du coût du projet. Le complément finance les infrastructures (bâtiment, aménagement de la salle technique, réseau électrique, télécommunication, etc.).

Les radars météorologiques sont des technologies maîtrisées par un faible nombre de constructeurs à travers le monde. Aucun de ces constructeurs n’est présent en Nouvelle-Calédonie.

Pour la partie équipements radar, la société Enterprise Electronics Corporation a été retenue et livrera un radar conçu et monté aux États-Unis. Il sera doté d’un logiciel allemand et d’un radôme (abri protecteur imperméable utilisé pour protéger une antenne des intempéries) français. Ce fournisseur est associé à un prestataire néo-calédonien afin de réaliser les installations sur site.

Pour le volet infrastructure du projet, qui représente la majeure partie de l’enveloppe financière, les entreprises qui interviennent sont des bureaux d’étude et des sociétés de travaux implantées en Nouvelle-Calédonie.

« Plus qu’un projet technique et scientifique, il s’agit d’un réel enjeu de sécurité des personnes, d’organisation des secours et de développement économique. Avec ces renouvellements, la Nouvelle-Calédonie disposera d’un système de surveillance météorologique parmi les plus performants de la région Pacifique », a affirmé le haut-commissaire Jacques Billant.

Calendrier prévisionnel du projet

  • Radar du Kopéto : travaux en cours jusqu’au troisième trimestre 2026 puis installation ;
  • Radar de Nouméa : lancement des travaux en mars 2026 et installation au deuxième trimestre 2027 ;
  • Radar de Lifou : installation au deuxième trimestre 2028.

Nouméa, vers un radar de nouvelle génération

Depuis l’installation en 2001 du radar météorologique de Nouméa sur le site de Météo-France Nouvelle-Calédonie au Faubourg Blanchot, la technologie a évolué.

Avec cette installation, les améliorations attendues couvrent trois domaines :

  • La qualité des estimations de précipitations

Grâce à une antenne de plus grande dimension (diamètre 4,2 mètres contre 2,4 mètres actuellement) la localisation et les estimations d’intensité de pluie seront affinées.

À cette évolution s’ajoute la double polarisation, qui permet d’améliorer la qualité de la détection et de recueillir des informations sur la nature des précipitations (pluie, grêle, etc.).

  • Le traitement des données

Ce nouvel équipement sera couplé à un logiciel de dernière génération de Météo-France. Déjà utilisé sur d’autres territoires d’Outre-mer et dans l’Hexagone, ce logiciel pourra tirer pleinement profit de la double polarisation pour générer les cartes plus précises de cumuls de précipitations.

  • La maintenance

L’installation d’une technologie récente donne accès à un stock de pièces de maintenance complété, mis à jour et ré-approvisionnable. Que ce soit sur la conception du radar, les logiciels et les infrastructures, la maintenabilité a fait l’objet d’une attention particulière sur l’ensemble du projet.

Pour accueillir l’antenne parabolique de 4,2 mètres de diamètre pour un poids de 1 tonne, un nouveau bâtiment va voir le jour. Avec une hauteur de 13 mètres, cette infrastructure garantira au nouveau radar un horizon dégagé des principaux obstacles voisins tels que relief, constructions et antennes.

Des risques maîtrisés pour la santé et l’environnement

  • Absence de risques pour la santé des personnes

Un radar émet une impulsion électromagnétique qui a la propriété d’être réfléchie par les précipitations. L’antenne radar va capter en retour l’impulsion réfléchie. À l’issue du traitement par un calculateur, des cartes de précipitations en temps réel sont générées.

L’effet des ondes émises est limité par plusieurs facteurs :

  1. un facteur temporel : les impulsions radar sont très brèves, d’une durée de l’ordre de la microseconde et suivie d’une période sans émission de plusieurs secondes ;
  2. un facteur spatial : les ondes sont émises à l’horizontale et en hauteur. Elles ne sont jamais émises vers le bas. La position des radars est donc étudiée de manière à ce qu’il soit impossible pour les personnes de se trouver dans le faisceau du radar à proximité de l’émission, là où les ondes ne sont pas encore atténuées.

À plusieurs occasions des mesures de champs électromagnétiques au voisinage de radars météorologiques ont été réalisées. Elles ont permis de vérifier le respect des normes sanitaires en vigueur.

  • Une attention particulière portée à la protection de l’environnement

Ce projet a intégré dès son lancement un volet environnemental, avec notamment des études préliminaires de site pour identifier les risques environnementaux. Le projet adhère par ailleurs à la charte du « chantier vert », avec un traitement des déchets de chantier et le réemploi des équipements et matériels désinstallés.

Sur le long terme, le volet environnemental est également pris en compte. Une isolation thermique renforcée des salles techniques des nouvelles infrastructures sera réalisée, afin de limiter autant que possible les déperditions énergétiques et donc les émissions de CO2 induites par la nécessité de rafraîchir les équipements électroniques.