Baromètre santé jeune : un outil au service des politiques publiques
Baromètre santé jeune : un outil au service des politiques publiques
31 mars 2026
Les résultats du baromètre santé jeune 2025 ont été dévoilés ce 31 mars au gouvernement. Cette enquête pilotée par l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie (ASS-NC), vise à mieux comprendre la santé, le mode vie et le bien-être des adolescents. Claude Gambey, membre du gouvernement chargé de la santé, a introduit la présentation de cette étude qui permettra d’appuyer les décisions en matière de santé publique.
Dispositif quinquennal mis en place en 2014, le baromètre santé jeune permet d’obtenir une photographie de la santé, du mode vie et du bien-être des adolescents de 10 à 18 ans et de suivre l’évolution de ces indicateurs dans le temps.
Les thématiques étudiées
L’enquête s’intéresse aux habitudes de vie des adolescents, notamment l’alimentation, le sommeil ou l’activité physique, mais aussi à leur bien-être et à leur santé mentale aujourd’hui reconnue comme un enjeu majeur de santé publique et une priorité pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Elle interroge également leurs relations sociales, leur environnement familial et scolaire, ainsi que leur rapport aux écrans et aux usages numériques. Les comportements à risque occupent aussi une place importante dans l’analyse, notamment les consommations de tabac, d’alcool ou de cannabis.
« On a introduit de nouvelles thématiques comme l’addiction au réseaux sociaux ou l’état staturo-pondéral des jeunes, ainsi que de nouvelles questions sur des thématiques qui existaient déjà pour l’adapter aux modifications faites par l’OMS », a expliqué Géraldine Wathle, directrice adjointe de l’ASS-NC.
En croisant ces différentes dimensions, le baromètre permet de mieux comprendre les facteurs qui influencent la santé des jeunes, en tenant compte à la fois de leurs comportements individuels et de leur environnement.
Un outil au service des politiques publiques
Véritable outil stratégique pour appuyer, adapter et évaluer les politiques publiques et les programmes de prévention en faveur des jeunes, cette étude s’inscrit pleinement dans le plan Do Kamo qui place l’observation au cœur de l’action publique. L’objectif est clair : mieux connaître pour mieux agir en faveur de la santé des populations.
« Les études telles que le baromètre santé jeune sont des outils d’objectivation très importants pour les politiques publiques, a affirmé Claude Gambey. Le plan Do Kamo avait notamment été adopté en 2018 sur la base de toutes ces observations, tout comme le plan stratégique de la pratique sportive adopté en 2019 ».
Ces résultats contribueront à alimenter les différents plans actuellement en cours d’élaboration : le plan jeunesse, le pacte de refondation économique et social dans lequel la jeunesse constitue un des six piliers, mais aussi le futur plan de prévention de l’ASS-NC.
Dans un contexte marqué par de profondes évolutions sociales, économiques et numériques, les résultats de cette enquête constituent un outil essentiel pour éclairer les politiques publiques et orienter les actions de prévention.
« La santé fait partie des priorités du budget 2026 du gouvernement et ce travail permettra d’éclairer les décisions et de justifier le financement des mesures qui seront prises », a assuré le membre du gouvernement.
Une méthodologie rigoureuse
Menée auprès de 3 646 collégiens et lycéens âgés de 10 à 18 ans, l’enquête s’est déroulée pendant quatre mois, du 23 juin au 3 septembre 2025 dans 39 établissements scolaires publics et confessionnels du second degré sur l’ensemble du territoire.
Les données ont été recueillies à partir d’un questionnaire auto-administré et anonyme, permettant d’aborder des sujets sensibles comme la santé mentale ou les comportements à risque. Cette méthodologie permet d’obtenir une photographie de la santé des adolescents, tout en assurant la comparabilité des résultats dans le temps.
Les éléments clés du baromètre
Les résultats du baromètre révèlent des évolutions contrastées. Parmi les améliorations, on constate une diminution du tabagisme, de la consommation régulière d’alcool et de cannabis, de la consommation quotidienne de boissons sucrées, mais aussi un recul de l’absentéisme scolaire. En regard plusieurs signaux préoccupants apparaissent néanmoins.
« On a une progression de l’usage régulier de la cigarette électronique et une consommation massive d’alcool chez ceux qui consomment. On constate aussi une augmentation du temps d’écran », a indiqué Géraldine Wathle.
74 % des jeunes passent au moins deux heures par jour devant un écran pendant leur temps libre, et les réseaux sociaux occupent une place importante, avec des usages à risque ou problématiques pour une partie d’entre eux.
D’autre part, la santé mentale apparaît comme un enjeu central et transversal. Davantage de jeunes déclarent se sentir seuls, rencontrer des difficultés de sommeil ou ressentir de l’inquiétude ou de l’angoisse. Ces résultats soulignent la nécessité de renforcer les dispositifs de prévention, d’écoute et d’accompagnement.
Les résultats mettent également en lumière une situation préoccupante en matière de nutrition. La mesure de l’indice de masse corporelle (IMC) révèle que 39 % des jeunes sont en surcharge pondérale, dont 18 % en situation d’obésité.
Enfin, le baromètre met en évidence le rôle déterminant de l’environnement familial. La baisse de la surveillance parentale, notamment chez les plus jeunes, rappelle l’importance de soutenir les parents dans leur rôle éducatif, afin de prévenir les conduites à risque.
Claude Gambey relève que « parmi les éléments marquants, on peut retenir la question de la santé mentale, ou encore celle de la précarité menstruelle. Ce sont des sujets qui n’étaient pas forcément pris en compte auparavant et qu’il faudra intégrer dans les différents programmes ».
Il a rappelé que le secteur de l’enseignement s’intègre également à cette dynamique dans le cadre de la santé scolaire, avec la création d’une visite médicale supplémentaire en milieu scolaire, dans laquelle ces questions sont abordées.