Cinq professionnels de santé de l’Ordre de Malte en mission en Nouvelle-Calédonie pour renforcer la continuité des soins
Cinq professionnels de santé de l’Ordre de Malte en mission en Nouvelle-Calédonie pour renforcer la continuité des soins
20 février 2026
Dans le cadre de la convention signée le 22 août 2025 entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, l’État et l’Ordre de Malte, la première mission de professionnels de santé mis à disposition par l’Ordre de Malte a été accueillie ce 20 février au gouvernement par Claude Gambey, membre du gouvernement chargé de la santé et Jacques Billant, haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. Composée de cinq soignants, la mission vise à renforcer l’accès aux soins et la continuité des prises en charge en particulier dans les zones isolées et confrontées à des tensions de ressources humaines.
Pour faire face à la pénurie de soignants et à la dégradation de l’offre de soins, particulièrement dans les zones rurales, notamment en province Nord, dans les îles et sur la côte Est de la Grande Terre, l’Ordre de Malte, association catholique hospitalière reconnue d’utilité publique, a manifesté sa disponibilité pour venir en soutien à la Nouvelle-Calédonie par la mise à disposition d’une équipe de personnels soignants venant d’Hexagone.
La mise en œuvre de ce projet s’est concrétisée le 22 août 2025 par la signature d’une convention tripartite entre l’État, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’Ordre de Malte.
Pour Claude Gambey, « l’accueil de l’équipe de soignants aujourd’hui représente l’aboutissement de la convention-cadre signée avec l’État ».
Une réponse concrète à un enjeu d’accès aux soins
La mission déployée en Nouvelle-Calédonie est conçue comme un appui opérationnel complémentaire, organisé au sein des structures existantes, et adapté aux besoins identifiés localement.
Trois infirmiers, une chirurgienne-dentiste et un médecin ont ainsi été envoyés depuis l’Hexagone pour une mission de trois mois, afin de soutenir les équipes de soignants calédoniens et répondre aux besoins de la population. Un roulement des équipes sera organisé tous les trois mois pendant un an, durée de la convention.
Patrick Biason, médecin généraliste, fait partie de la délégation. Pour lui, c’est un retour en Nouvelle-Calédonie 40 ans après y être déjà venu en tant que volontaire à l’aide technique de 1983 à 1985. « Étant récemment retraité je cherchais à savoir s’il y avait des besoins. Lorsque l’opportunité s’est présentée, je me suis dit qu’il fallait y aller », a-t-il confié.
Cette brigade itinérante interviendra dans les trois provinces, dans les centres de soins gérés par les provinces (Centre médico-sociaux – CMS, unités provinciales de l’action sanitaire et sociale – UPASS, dispensaires, notamment) ainsi que le Centre hospitalier du Nord.
« Même si la pénurie est partiellement résorbée, le besoin reste important dans les îles et dans le Nord », a déclaré le membre du gouvernement chargé de la santé. Il a par ailleurs précisé que « les îles manquent en priorité de médecins tandis que le Nord nécessite davantage de personnel paramédical et notamment des infirmiers ».
Un déploiement progressif, selon les conventions et les conditions logistiques
Le déploiement est progressif, afin de sécuriser les conditions d’intervention (hébergement, organisation locale, mobilité, coordination) en lien avec les provinces.
La mission débutera à Maré à compter du 23 février avant d’intervenir à Ouvéa puis devrait se déployer en province Nord à partir du 23 mars et en province Sud dès le 20 avril, notamment àThio, Bourail et La Foa.
Un cadre partenarial formalisé
La mission s’inscrit dans un cadre partenarial formalisé entre la Nouvelle-Calédonie, l’État et l’Ordre de Malte France. Ce cadre vise à garantir une intervention coordonnée, sécurisée, et pleinement articulée avec l’organisation des soins sur le territoire.
La direction des Affaires Sanitaires et sociales (DASS) de la Nouvelle-Calédonie assurera la coordination de l’opération, en lien avec les structures d’accueil et établira le planning des personnels mis à disposition.
Elle est également chargée de dispenser à ces professionnels de santé une formation sur les spécificités et le contexte local.
Cette phase de préparation permettra de :
- présenter les réalités sanitaires et organisationnelles du territoire ;
- rappeler les modalités de coordination avec les provinces et les structures ;
- sécuriser les aspects pratiques (logistique, hébergement, mobilité) ;
- partager les procédures nécessaires au bon fonctionnement du dispositif.
Financement et suivi du programme
L’État assure le financement de l’opération à travers une subvention à la Nouvelle-Calédonie d’un montant de 163 218 377 francs (1 367 770 euros).
Pour le haut-commissaire Jacques Billant, cette opération « est absolument nécessaire. Il s’agit de répondre aux besoins urgents des Calédoniens. Je suis ravi que la première équipe puisse se déployer dès lundi prochain ».
Un comité de suivi associant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, l’État et l’Ordre de Malte se réunira a minima chaque trimestre, afin de dresser un bilan d’étape des actions menées, de réajuster le dispositif si nécessaire, et de tracer les perspectives d’actions du trimestre suivant.