La STEP de Tontouta : stocker les énergies renouvelables et sécuriser l’alimentation électrique des Calédoniens

La STEP de Tontouta : stocker les énergies renouvelables et sécuriser l’alimentation électrique des Calédoniens

14 avril 2026

Énergie Économie

conf presse STEP Station N

Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé de l’économie et des sujets liés à la politique énergétique et Jean-Gabriel Faget, directeur général d’Enercal, ont présenté l’avancement du chantier de construction de la station de transfert d'énergie par pompage (STEP) de Tontouta. Cet outil, qui s’inscrit dans la continuité des initiatives photovoltaïques déployées ces dernières années, représente une avancée déterminante vers l’autonomie énergétique de la Nouvelle-Calédonie. Il permettra de soutenir le développement des énergies renouvelables, tout en garantissant la fiabilité de l’alimentation électrique des Calédoniens.

La STEP : un outil de stockage pour les énergies renouvelables

La STEP est un moyen de stocker l’excédent d’énergie renouvelable produit en journée pour la livrer aux foyers calédoniens ou à la métallurgie au moment où il n’y pas plus de production renouvelable (notamment la nuit) ou lors des pics de consommation.

Il s’agit d’un circuit d’eau fermé entre deux bassins artificiels situés à des altitudes différentes :

  • Durant la phase de stockage : l’eau d’un bassin inférieur est pompée vers un bassin supérieur grâce à l’énergie solaire excédentaire produite en journée. Stockée dans le bassin supérieur, elle constitue une réserve d’énergie hydraulique.
  • Durant la phase de déstockage : aux heures de forte consommation ou en l’absence de production renouvelable, l’eau du bassin supérieur est libérée vers le bassin inférieur où elle entraine des turbines couplées à des alternateurs qui produisent de l’énergie électrique.

La STEP en quelques chiffres

  • 900 MWh de capacité de stockage soit 35 % de la consommation annuelle des Calédoniens (hors métallurgie) ou encore ¼ de la consommation annuelle de la SLN ;
  • 225 000 tonnes de CO2 évitées par an, soit l’équivalent des émissions de 100 000 voitures ;
  • 65 000 tonnes de fuel évitées par an ;
  • 4 ans te travaux ;
  • Plus de 60 ans d’exploitation ;
  • 130 emplois en moyenne pour la construction ;
  • 15 emplois pour l’exploitation du site.

Pour une optimisation de la consommation d’électricité de source renouvelable

Les énergies renouvelables comme le solaire ou l’éolien sont considérées comme :

  • fatales, puisqu’elles sont produites dès qu’il y a du soleil ou du vent. Si elles ne sont pas consommées ou stockées au moment de la production, elles sont perdues ;
  • intermittentes, puisqu’elles ne produisent pas de façon régulière toute la journée.

Aujourd’hui, une partie de l’excédent de production solaire est vendue à la SLN. Le reste est non consommé, non stocké, mais rémunéré aux producteurs donc intégré aux coûts de l’électricité.

« Grâce à la STEP, nous serons en capacité de consommer cet excédent d’énergie. L’électricité produite par le photovoltaïque pourra être utilisée le soir et la nuit alors qu’aujourd’hui, nous la consommons uniquement en journée », a indiqué Jean-Gabriel Faget.

Participer à la relance économique et accompagner la transition énergétique de la métallurgie

Dans le cadre de ce projet, un appel à manifestation d’intérêt (AMI) et d’ores et déjà lancé afin de permettre aux entreprises calédoniennes d’y participer. « Tous types de travaux seront concernés allant de l’ingénierie au terrassement. On parle de 22 milliards de francs qui seront réinjectés directement dans l’économie calédonienne », a assuré Christopher Gygès.

« À plus long terme, la mise en service de la STEP permettra d’accompagner la transition énergétique du secteur de la métallurgie, avec une énergie décarbonnée et moins chère », a ajouté le membre du gouvernement.

La STEP constitue également un outil stratégique pour la Nouvelle-Calédonie, lui offrant une plus grande indépendance énergétique. « Elle permettra en effet au territoire d’être moins vulnérable aux crises énergétiques mondiales. Les crises se sont succédées durant les 30 dernières années et ont rendu à chaque fois plus incertaine la rentabilité des métallurgistes et ont pesé sur le budget des Calédoniens », a rappelé le directeur général d’Enercal.

Le calendrier

  • Avril 2026 : lancement de l’AMI
  • 2026 – 2027 : avant-projet détaillé : conception et réalisation du projet et études de financement
  • 2028 : début des travaux
  • 2032 : mise en service de la STEP