Une mission d’étude stratégique portant sur la structuration de l’économie sociale et solidaire en Nouvelle-Calédonie
Naïa Wateou, membre du gouvernement chargée de la structuration de l’économie sociale et solidaire, a présenté aux côtés de l’Agence française de développement (AFD), la convention destinée au financement d’une mission d’étude stratégique portant sur la structuration de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Nouvelle-Calédonie.
L’ESS un levier essentiel pour la Nouvelle-Calédonie
L'économie sociale et solidaire est un mode d’entreprendre qui cherche à concilier activité économique et utilité sociale. Les structures qui optent pour ce modèle économique (associations, sociétés commerciales, mutuelles, coopératives, fondations…) se préoccupent en premier lieu de leur utilité sociale et/ou environnementale et placent l’humain avant le profit au cœur de leur fonctionnement. L’ESS peut se déployer dans de nombreux secteurs d’activité (santé, habitat, petite enfance, commerce équitable, transport…).
Dans un contexte marqué par les conséquences économiques et sociales des événements de mai 2024, l’ESS constitue un levier reconnu de résilience, de cohésion sociale et de développement pour la Nouvelle-Calédonie. Plusieurs travaux récents ont confirmé la nécessité de dépasser la phase de diagnostic pour engager une structuration progressive et opérationnelle du secteur.
Une convention pour structurer l’ESS
En Nouvelle-Calédonie, l’ESS est encadrée par la loi du pays n° 2025-13 du 18 août 2025, qui rappelle notamment que ce mode d’entreprendre repose sur la primauté de l’utilité sociale sur la recherche de profit, une gouvernance démocratique et une gestion encadrée des bénéfices.
Pour aller plus loin, le gouvernement et l’AFD ont signé une convention pour le financement d’une mission d’étude stratégique portant sur la structuration de l’ESS en Nouvelle-Calédonie.
Dans le cadre de ses interventions en Nouvelle-Calédonie, l’AFD a été sollicitée afin de soutenir cette mission d’étude. Cette intervention s’inscrit dans une logique d’appui à l’ingénierie publique, permettant de renforcer la capacité du gouvernement à définir une politique ESS cohérente et adaptée aux spécificités du territoire.
« Sans cadre réglementaire, nous n’avons aucun moyen de reconnaitre les acteurs de l’économie sociale et solidaire. La mise en œuvre de ce texte permettra de définir et d’accompagner cette économie avec des données à jour. Cette mission nous donnera les outils nécessaires pour adapter et ajuster nos dispositifs d’accompagnement et de soutien de ce mode d’entreprendre », a précisé Naïa Wateou.
Cette mission, financée par l’AFD pour un montant de près de 7,5 millions de francs, présente plusieurs intérêts majeurs pour la Nouvelle-Calédonie, à savoir :
- réaliser un état des lieux et une cartographie de l’ESS en Nouvelle-Calédonie ;
- identifier les leviers de structuration du secteur et les besoins d’accompagnement des acteurs (clarification des périmètres, sécurisation et optimisation des modèles économiques, amélioration de l'ingénierie de projet, animation et gouvernance, etc.) ;
- analyser les conditions d’accès aux financements (publics, nationaux et internationaux) ;
- définir une stratégie territoriale de développement et de financement de l’ESS, assortie de recommandations opérationnelles.
« Pour l’AFD, il était naturel d’accompagner le gouvernement et ses partenaires dans la réalisation de cette étude qui est une nouvelle étape pour apporter des réponses concrètes sur ces différents enjeux aux acteurs calédoniens de l’ESS », a indiqué Julie Doiteau, directrice adjointe de l’AFD en Nouvelle-Calédonie.
La signature de cette convention constitue une opportunité stratégique pour structurer durablement le développement de l’ESS en Nouvelle-Calédonie, en s’appuyant sur un financement extérieur et une expertise reconnue.