La Sécurité civile sur tous les fronts

La Sécurité civile sur tous les fronts

13 avril 2017

Sécurité civile et prévention

Mise en place d’un point d’eau, devant la maison commune de Montfaoué à Poya.

Mise en place d’un point d’eau, devant la maison commune de Montfaoué à Poya.

Trois jours après le passage dévastateur du cyclone Cook, la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) du gouvernement dresse le bilan. Les réseaux, routiers, électriques et de communications, sont progressivement rétablis, les tribus sortent de leur isolement, les derniers points noirs s’éclaircissent.

Sur la zone Centre Est, les missions de désenclavement des tribus de Canala, dont celles de Gio et Ouasse dont on était sans nouvelles mardi midi, se sont poursuivies aujourd’hui et les axes de circulation sont désormais tous praticables, y compris la route à horaire entre Thio et Canala (col de Petchekara). « Avant l’arrivée du cyclone, nous avions pré-positionné des moyens à Koné, dont deux camions polyvalents pouvant emporter chacun 4 000 litres d’eau, pour être plus près des lieux impactés sur la côte est », précise Eric Backès, directeur de la Sécurité civile. Dès mardi, ces effectifs de la DSCGR démarraient ainsi les opérations d’ouverture des routes – la Koné-Tiwaka, puis la région de Poindimié et enfin l’axe Houaïlou-Canala – avec l’aide des Fanc équipées de matériel de déblaiement et de tronçonnage.

Ce matin, à 4 h 30, un camion logistique de la DSCGR a quitté Nouméa vers Kouaoua et Canala pour distribuer des lots de bâchages et, en collaboration avec la Croix-Rouge, 200 kits d’urgence – matelas, couvertures, nattes, hygiène, cuisine… –, chacun conçu pour une famille de cinq personnes. Enfin, suite à la demande du maire de Kouaoua, du matériel d'urgence sera acheminé ce vendredi, dans le cadre d'un dernier convoi sous maîtrise d'œuvre DSCGR, en mobilisant le stock du Secours catholique.

Approvisionnement de Poya en eau potable

Sur la zone Centre Ouest, le réseau routier principal autour de Bourail est praticable, et l’ensemble des tribus désormais accessibles par la route. Les tribus de Poya, comme Montfaoué et Moindah, ont été désenclavées, grâce à l'action combinée du Rimap et de la DSCGR, mais celles de Netea et Ouendji étaient toujours inaccessibles en soirée.

Toujours à Poya, un captage d’eau alimentant cinq tribus (près de 900 personnes) a été sévèrement endommagé par Cook. À l’issue d’une mission de reconnaissance aérienne, en présence de la maire de la commune, la DSCGR a dépêché mercredi après-midi deux camions citernes d’une capacité totale de 15 000 litres d’eau potable (le même hélicoptère a permis ce matin d’effectuer une mission technique et de rétablir le relais OPT de l'Aoupinié). Aujourd’hui, la Croix-Rouge était mobilisée pour déployer une unité de potabilisation de l’eau, dotée d’une capacité de traitement de 5 000 litres par heure, afin de couvrir les besoins de la population en attendant le rétablissement complet du réseau.

Le dispositif d’urgence levé

Depuis mardi, la DSCGR a effectué ainsi 19 missions très variées. L’objectif était de libérer rapidement les accès aux villages et tribus, afin de permettre la libre circulation des personnes et l’arrivée des services publics et privés en charge des réseaux électriques, téléphoniques et d’adduction d’eau potable. Objectif atteint, les trois hélicoptères affrétés mardi matin ayant permis de se faire une idée précise des zones les plus impactées et, donc, à prioriser. Le dispositif d’urgence sera progressivement levé ce vendredi. Les communes pourront désormais prendre le relais et les associations de sécurité civile venir soutenir les populations. Le sentiment du devoir accompli, Eric Backès salue la mobilisation générale et souligne : « Compte tenu de la configuration du pays, de l’isolement de certaines tribus, des habitats parfois précaires, le bilan aurait pu être plus lourd. Heureusement, la population a globalement respecté les consignes de sécurité liées à l’alerte 2 ».

 

Arrivée à Canala d’un camion logistique de la DSCGR.

Arrivée à Canala d’un camion logistique de la DSCGR.

 

 

Les premiers secours viennent de déposer de l’eau et des vivres dans la tribu de Ouasse, à Canala, coupée du monde depuis mardi.

Les premiers secours viennent de déposer de l’eau et des vivres dans la tribu de Ouasse, à Canala, coupée du monde depuis mardi.

 

 

Retour à la normale chez les opérateurs

Ce jeudi 13 avril à 17 h, 2 333 clients d’Enercal restaient privés d’électricité, dont 769 à Canala, 595 à Thio, 187 à Kouaoua, 181 à Boulouparis, 140 à Ponérihouen et Poindimié, et 126 à Sarraméa. Les opérations de reconstitution des réseaux se poursuivaient (dans le sens de l’électricité : haute, moyenne, basse tension puis branchements consommateurs). À EEC, 458 clients étaient encore sans électricité à 16 h 30 : 77 à Saint-Louis et Thabor (Mont-Dore) ; et surtout 381 à Bourail sur des zones (Nandaï, Col des Roussettes, Boghen, Pothé, Azareu…) où des groupes électrogènes devaient provisoirement être installés. Rappelons que juste après le passage de Cook, au moins 30 000 foyers s’étaient retrouvés sans courant. Du côté de l’OPT, on annonçait 5 % seulement des abonnés fixe encore hors service, ainsi que 50 sites mobiles.

 

Opérations de terrain et coordination 

Ces derniers jours, la DSCGR a mobilisé une soixantaine de personnes dans le cadre de ses opérations sur le terrain en appui aux communes : 40 permanents sécurité civile et une vingtaine de sapeurs pompiers volontaires de la direction. Second volet de son travail, la coordination des secours. Activé dimanche soir, le Centre opérationnel gouvernemental (COG 988) est composé de nombreux acteurs comme la gendarmerie et la police, les forces armées, trois directions du gouvernement – DITTT qui fait le relais avec Enercal, l’OPT et les provinces, Dimenc (en lien avec les miniers, les industriels et les installations classées pour la protection de l’environnement) et Dass (dispensaires, Médipôle, structures sanitaires…) – ainsi que les associations de sécurité civile Croix-Rouge et Secours catholique. Il fait remonter les informations du terrain, priorise et organise les secours en fonction des décisions prises par le directeur des opérations de secours, en l’occurrence le président du gouvernement. Ce dernier peut formuler une demande de concours auprès du haut-commissariat. C’est ainsi que trois sections du Rimap de 30 hommes chacune ont été réquisitionnées, l’une mardi matin au Mont-Dore, une autre sur Bourail et Poya mardi soir et la troisième mercredi et jeudi à Kouaoua et Canala.