Le FIP élargit le concept de sécurité régionale

14 septembre 2018

Relations extérieures

Les membres du FIP réunis à Nauru.

Les membres du FIP réunis à Nauru.

Philippe Germain, président du gouvernement, a participé du 3 au 6 septembre au sommet du Forum des îles du Pacifique (FIP) à Nauru. Ce sommet était le deuxième pour la Nouvelle-Calédonie en tant que membre à part entière. Avec deux temps forts : le renforcement de l’action concertée en matière de sécurité régionale et la décision du FIP de prendre part à la mission d'observation des Nations unies lors du référendum du 4 novembre.

« Ce Forum a permis de mettre en avant de nouveaux défis, plus concrets et plus proches des préoccupations des populations », a déclaré Philippe Germain à l’issue du 49e sommet. Lors de ce rendez-vous annuel, les dirigeants des 18 États et territoires membres du FIP ont fait le point sur l’environnement stratégique régional actuel, en tenant compte des valeurs géostratégiques, économiques, culturelles et écologiques qui encadrent la gestion partagée du « Pacifique Bleu ».

Les nouveaux défis de la sécurité

La décision a été prise d’élargir l’action commune en matière de sécurité régionale, qui avait donné lieu en 2000 à Kiribati à la Déclaration de Biketawa, aux nouveaux défis qui se posent à la région. L’initiative vise à étendre le concept de sécurité au changement climatique et aux désastres naturels, à la sécurité alimentaire et à l’accès au développement économique, aux trafics illicites et au blanchiment d’argent, à la cybercriminalité, au transport de matières toxiques, à la gouvernance des océans, etc.

Ces engagements élargis sont désormais inscrits dans la Déclaration de Boe. « Dans notre communiqué final, nous sommes convenus que la sécurité et le développement économique durable de notre région passaient nécessairement par le renforcement de nos actions en faveur de la préservation de notre biodiversité et la promotion d'un modèle nouveau de gestion de nos ressources, notamment marines, a relevé le président du gouvernement. Nous avons lancé de nouveaux dispositifs coordonnés de lutte contre la pêche illicite et contre toutes les formes de criminalité transfrontalière. Nous avons également amélioré notre coordination dans les réponses à apporter aux problèmes des catastrophes naturelles et des effets du changement climatique. »

Mission d’observation en Nouvelle-Calédonie

La santé a également fait partie des sujets débattus, avec une attention particulière portée à l’obésité infantile. Selon l’OMS, 10 des 18 pays et territoires membres du FIP comptent en effet, parmi les enfants de 5 à 10 ans, 20 % d’obèses. Les dirigeants se sont engagés à adopter une approche globale et à dégager les ressources nécessaires à sa mise en œuvre.

Concernant la Nouvelle-Calédonie et l’échéance du référendum, les dirigeants réunis ont validé la décision d’y envoyer une mission, conduite au niveau ministériel. « L'ensemble des dirigeants a salué les bonnes conditions dans lesquelles se préparait la consultation du 4 novembre prochain en Nouvelle-Calédonie, a indiqué Philippe Germain, et a confirmé la volonté du Forum de prendre part à la mission d'observation que conduiront les Nations unies. »

Par ailleurs, les membres du FIP ont répondu favorablement à la demande de Wallis-et-Futuna d'accéder au statut de membre associé du Forum. « Je tiens à ce titre à féliciter nos amis wallisiens et futuniens, a déclaré le président de l’exécutif calédonien. La décision du FIP reconnaît en effet les efforts de ce territoire pour accroître son intégration dans la région. »

Les membres du FIP

18 États et territoires : l'Australie, les îles Cook, les États fédérés de Micronésie, Fidji, Kiribati, Nauru, la Nouvelle-Zélande, Niue, la Nouvelle-Calédonie, Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Polynésie française, la République des îles Marshall, Samoa, les îles Salomon, le royaume de Tonga, Tuvalu et le Vanuatu.

Membres associés : Tokelau et, depuis ce 49e Forum, Wallis-et-Futuna.

Le FIP accueille également des observateurs, comme la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, le Secrétariat du Commonwealth, les Nations unies ou la Commission des pêches du Pacifique central et occidental (WCPFC).

Un « Dialogue post-Forum » des partenaires suit chaque année le sommet du FIP et concerne le Canada, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis, la France, l’Inde, l’Indonésie, le Japon, la Malaisie, les Philippines, l’Union européenne.

Le rôle du FIP

Le Forum des îles du Pacifique est un organe politique régional. Créé en 1971 à Wellington dans l’objectif d’accompagner le processus de décolonisation des pays insulaires de la région, le FIP a considérablement évolué. Il se focalise aujourd’hui sur des problématiques qui transcendent les frontières de chaque entité : changement climatique, érosion de la biodiversité, sécurité régionale et accords de libre-échange régionaux. La vocation du Forum est de développer la coopération et l’intégration régionales, notamment par la mise en commun des moyens de gouvernance et l’harmonisation des politiques, en faveur de la croissance économique, du développement durable et de la sécurité commune.

 

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