La sécurité routière dresse sa feuille de route

Cynthia Ligeard, membre du gouvernement, et Heidi Hénin, chargée de mission sécurité routière, ont présenté le plan qui sera proposé aux élus du Congrès.

Cynthia Ligeard, membre du gouvernement, et Heidi Hénin, chargée de mission sécurité routière, ont présenté le plan qui sera proposé aux élus du Congrès.

Le cycle des Rencontres-Actions de la sécurité routière s’est refermé jeudi 13 septembre. Au bout du chemin, un projet de plan pour les trois prochaines années, et une vision : « Zéro mort sur nos routes d’ici 25 ans ».

 

Après un démarrage à la Communauté du Pacifique à Nouméa le 9 août, suivi d’une halte dans chacune des trois provinces, les Rencontres-Actions ont atteint leur destination le 13 août au Mont-Dore. Une destination qui prend la forme d’un projet de plan triennal de la sécurité routière, qui sera présenté au Congrès de la Nouvelle-Calédonie « avant la fin de l’année », a annoncé Cynthia Ligeard, membre du gouvernement en charge de ce secteur.

« On a changé de méthode », prévient-elle lors de la conférence de presse organisée juste avant la restitution des travaux, au centre culturel du Mont-Dore. Car si depuis 2000, le nombre d’accidents corporels et le nombre de blessés sur les routes ont nettement diminué, le nombre de morts, lui, est « désespérément stable ». Ainsi, en lieu et place d’un catalogue de mesures, une feuille de route affirme désormais « une vision » et « des valeurs » à partager avec tous les Calédoniens, et décline des principes forts en matière de prévention, de répression et de communication.

Vers zéro mort

La vision ? « Zéro mort sur nos routes d’ici 25 ans », lance Cynthia Ligeard. Cette vision ambitieuse et partagée, qui couvre « une génération », s’est esquissée dès la première Rencontre-Action, grâce au partage d’expérience des experts internationaux invités. « Ce n’est pas une élucubration, prévient la représentante de l’exécutif, car négocier avec le nombre de morts, c’est accepter la défaite. »

Comment permettre à la réalité de rejoindre la vision ? « Grâce à un système intégré de sécurité routière », indique Cynthia Ligeard. Autrement dit, une approche globale, transversale, qui implique l’ensemble des composantes de la sécurité sur les routes. Ce système repose sur quatre piliers : « des infrastructures plus sûres, des véhicules plus sûres, des vitesses plus adaptées, des usagers plus responsables ».

Actions et performance

Les actions prennent dès lors la forme de grandes lignes directrices, qui devront être déclinées sur le terrain mais, surtout, évaluées à l’aide d’indicateurs de performance : « devenir acteur de la sécurité routière dès le plus jeune âge » implique ainsi « 100 % des enfants scolarisés sensibilisés chaque année » ; « inscrire la sécurité routière dans les priorités de l’entreprise » se traduit par « 100 % des entreprises engagées dans une démarche d’ici trois ans » ; concernant le permis de conduire, l’objectif est de « 100 % des conducteurs titulaires d’un permis d’ici 5 ans » ; « des véhicules plus sûrs » signifie « le contrôle technique en vigueur en 2019 » – « un texte auquel je suis très attachée », précise Cynthia Ligeard. Il s’agit encore de multiplier les tests alcool et drogue, ou de doubler le recouvrement des amendes. Le tout accompagné d’une « stratégie de communication complète d’ici un an ».

Pour François Levacher, responsable de la commission de lutte contre l’insécurité routière à l’UFC-Que Choisir, « les mesures prises contre la consommation d’alcool étaient déjà un point très positif. On a prouvé là que le consensus est possible. Et il était temps que l’on adopte le concept de vision pour la route. » Ce point fait d’ailleurs l’unanimité parmi les participants. Pour Cynthia Ligeard, si le projet de plan clôt le cycle des rencontres, il marque surtout « le début d’une véritable dynamique ».

Le cycle des Rencontres-Actions, lancé le 9 août à Nouméa, s’est achevé le 13 septembre par la présentation d’une feuille de route.

Le cycle des Rencontres-Actions, lancé le 9 août à Nouméa, s’est achevé le 13 septembre par la présentation d’une feuille de route.

 

Le coût de l’insécurité routière

L’insécurité routière pèse 30 milliards de francs par an, soit 17 % du budget de la Nouvelle-Calédonie chaque année. Ce qui représente 68 millions de francs par victime de la route, blessée ou décédée.

 

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