Une marque pour l'export du thon calédonien

La participation au Seafood a reçu le soutien du cluster New Caledonia Trade and Invest (NCT&I), de l’ERPA et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (© Fédération des pêcheurs hauturiers).

La participation au Seafood a reçu le soutien du cluster New Caledonia Trade and Invest (NCT&I), de l’ERPA et du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (© Fédération des pêcheurs hauturiers).

Aux côtés des représentants de la filière pêche, Nicolas Metzdorf, chargé de ce secteur au gouvernement, est revenu sur la création de la marque « Cap La Pérouse » qui a représenté le thon calédonien au salon professionnel Seafood à Bruxelles. Une démarche qui s'inscrit dans la recherche de nouveaux marchés en Europe et à l'international.   

« Le gouvernement et l’ensemble des acteurs de la pêche sont en ordre de marche pour développer la filière et lui donner le coup de projecteur qu’elle mérite, annonce Nicolas Metzdorf. La première chose à faire est de valoriser nos produits issus d’une pêche hauturière certifiée responsable ». Depuis plus de vingt ans, les pêcheurs professionnels calédoniens ont su prélever avec soin la ressource en thonidés disponible dans le Parc naturel de la mer de Corail qui recouvre la zone économique exclusive calédonienne. En particulier parce qu'ils utilisent la technique de la palangre, respectueuse et sélective. « Nous sommes un des rares pays au monde à pratiquer ce genre de pêche. Cela fait longtemps que nous avons prouvé notre capacité à couvrir les besoins du marché local. Pour se développer, il faut forcément passer par l’export », tient à souligner Florent Pithon, directeur de Navimon et président de la Fédération des pêcheurs hauturiers.

 

Nicolas Metzdorf et les représentants de la filière pêche ont présenté la stratégie d'export à la presse le 23 mai.

Nicolas Metzdorf et les représentants de la filière pêche ont présenté la stratégie d'export à la presse le 23 mai.

 

 

Marchés de niche

Le premier baptême du feu pour le regroupement professionnel, sous l’impulsion du membre du gouvernement en charge de la pêche, a eu lieu fin avril au salon Seafood – carrefour incontournable pour les acheteurs et les fournisseurs des produits de la mer – organisé chaque année à Bruxelles. Et pour mieux appâter la clientèle européenne, une marque d'appel a été créée afin de représenter le thon blanc calédonien : « Cap La Pérouse ». « Un nom qui évoque la France afin de donner une image luxueuse au produit », explique Nicolas Metzdorf. Pour être compétitif, la filière doit en effet trouver des marchés de niche. Après l’Europe, l’objectif est de faire connaître la marque en Asie et en Australie.

Premières retombées

La délégation est affirmative sur les retombées positives du stand calédonien au Seafood qui a reçu près de 500 visites en trois jours. « Notre thon a été une bonne surprise pour les visiteurs et nous avons eu de très bon retours. Des clients potentiels se profilent comme les distributeurs de produits surgelés Thiriet et Picard, mais aussi l'association Relais & Châteaux », indique Mario Lopez, directeur de Pescana. Pour Jessica Bouyé, directrice d'exploitation de Pacific Tuna, « ce déplacement a beaucoup apporté à la filière en matière de cohésion. Concurrents sur le marché local, rien ne nous empêche de nous associer pour pouvoir répondre aux demandes des clients à l'export tout en diminuant les coûts de stockage ». Résultat, la commande ferme d'un premier container de longes de thon blanc congelées pourrait être suivie d'autres. « Oui, notre thon est plus cher, mais c’est le meilleur. Il suffit de savoir le vendre », affirme Nicolas Metzdorf qui a rappelé que le président de la République a lui-même mis en avant cette qualité et la nécessité de développer encore davantage la filière pêche, créatrice d'emplois. La Nouvelle-Calédonie compte bien s'inscrire dans la volonté d'Emmanuel Macron dont le gouvernement doit présenter une politique nationale de la mer en 2019, porteuse en moyens de développement.     

 

À l’initiative de Nicolas Metzdorf, une réunion de travail consacrée au potentiel d’exportation de la filière s’était tenue en février avec les professionnels du secteur de la transformation.

À l’initiative de Nicolas Metzdorf, une réunion de travail consacrée au potentiel d’exportation de la filière s’était tenue en février avec les professionnels du secteur de la transformation.

 

 

La pêche calédonienne en ligne

Pas moins de 15 000 personnes sont concernées par la pêche en Nouvelle-Calédonie : pêcheurs professionnels, salariés du secteur, pêcheurs amateurs, etc. Pour ces différents publics, le gouvernement a souhaité créer un site Internet entièrement dédié à la pêche en Nouvelle-Calédonie. Pêche.nc a pour objet la promotion et l’aide à la diffusion de la communication sur les réglementations, la protection des milieux aquatiques et divers conseils. Il propose également une panoplie d’outils pratiques qui pourront faciliter la vie des amateurs d’activité de pêche : une carte interactive, un guide de la pêche et des poissons, etc. Avec son mur social qui reprend les publications du site sur les réseaux sociaux, Pêche.nc entend aussi faire vivre la communauté des passionnés de la pêche. Dans moins d'un mois, une application mobile regroupant ces différents services sera disponible sur iOS et Android.

 

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En chiffres

2018 : 16 navires qui appartiennent à six armements. Trois navires supplémentaires doivent prochainement obtenir une licence de pêche du gouvernement.

Production : 2 500 tonnes de thon par an.

Transformation : quatre ateliers.

Commercialisation : 80 % pour le marché local et 20 % pour l'export.

Export vers le Japon : 300 à 500 tonnes par an.

Export vers l’Europe : 30 à 50 tonnes par an. Objectif : + 200 tonnes.

 

L’organisation responsable de la filière calédonienne et les parts de marché occupées par le thon blanc ont permis de mettre à jour des perspectives d’avenir pour le commerce extérieur.

L’organisation responsable de la filière calédonienne et les parts de marché occupées par le thon blanc ont permis de mettre à jour des perspectives d’avenir pour le commerce extérieur.

 

 

 

 

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