L’urgence au cœur de la déclaration de politique générale de Milakulo Tukumuli

L’urgence au cœur de la déclaration de politique générale de Milakulo Tukumuli

24 août 2026

Institutions

Le président du gouvernement Milakulo Tukumuli a prononcé sa déclaration de politique générale au Congrès.

Le président du gouvernement Milakulo Tukumuli a prononcé sa déclaration de politique générale au Congrès.

Le président du gouvernement Milakulo Tukumuli a prononcé au nom du 19e gouvernement, sa déclaration de politique générale lors d’une séance solennelle au Congrès ce lundi 24 août. Face à l’urgence des défis à relever, il a défini les priorités du gouvernement pour les six prochains mois, avec une approche  fondée sur la sincérité, la responsabilité, la confiance et l’unité.

« Faisons en sorte que, demain, la Nouvelle-Calédonie se souvienne de nous comme de ceux qui ont choisi de la remettre debout.»

Le président du gouvernement a dressé un constat de la situation de la Nouvelle-Calédonie, encore marquée par de fortes difficultés économiques, sociales et financières, malgré une timide reprise sur le plan économique. Face à cet état des lieux préoccupant, Milakulo Tukumuli a annoncé la mise en œuvre impérative de réformes et a rappelé l’importance du maintien de l’engagement de l’État aux côtés de la Nouvelle-Calédonie.

« Les réformes, nous devons les faire parce que notre pays en a besoin. L’accompagnement de l’État, lui, doit nous donner le temps nécessaire pour que ces réformes produisent leurs effets », a-t-il déclaré.

Les urgences : « remettre la Nouvelle-Calédonie sur le chemin de la confiance et de la prospérité »

Déclinée en cinq actions prioritaires pour les six mois à venir, la politique du 19e gouvernement devra conjuguer justice sociale et relance économique afin de redresser la situation de la Nouvelle-Calédonie. C’est la volonté exprimée par le président du gouvernement.

« Je crois sincèrement que la relance économique et la justice sociale ne sont pas deux politiques concurrentes que ce gouvernement devrait arbitrer. Ce sont les deux faces d’une même pièce. La richesse sans la justice ne tient pas. La justice sans la richesse ne dure pas ».

Remettre de l’ordre dans nos dépenses pour être exemplaires

Première urgence : maîtriser les dépenses publiques. « Nous devons ainsi savoir précisément comment sont utilisés les moyens publics, où se trouvent les dépenses indispensables, celles qui peuvent être mieux maîtrisées et les marges d’efficience que nous pouvons dégager sans jamais compromettre la qualité du service public », a indiqué le président du gouvernement.

Préserver le régime de retraite du secteur privé

La seconde priorité concerne le régime de retraite géré par la CAFAT qui doit faire rapidement l’objet de réforme, au risque d’une cessation de paiement des pensions de 42 000 Calédoniens. « Agir maintenant, c’est avoir encore la possibilité d’agir avec davantage de justice et d’échelonner dans le temps les mesures qui peuvent l’être », a indiqué Milakulo Tukumuli.

Garantir la pérennité de l’assurance maladie

Parmi les urgences identifiées par le gouvernement, le président a déclaré que « réformer le RUAMM n’est plus une option : c’est une obligation financière et une exigence de justice ».

L’assurance maladie de tous les Calédoniens cumule en effet une dette de 43 milliards à la fin de l’année 2025 et le budget de la Nouvelle-Calédonie doit abonder annuellement ce régime pour le maintenir à flot.

L’objectif est donc de mieux organiser les soins et de mieux maîtriser les dépenses.

Préserver notre économie et favoriser la relance

Afin de favoriser la reprise économique et d’offrir de véritables perspectives aux acteurs économiques, le président du gouvernement a fait part de la nécessité de repenser notre modèle économique et fiscal.

« Il faut désormais une fiscalité plus attractive parce qu’un pays qui doit reconquérir la confiance des investisseurs ne peut se permettre un cadre fiscal qui décourage plutôt qu’il n’encourage, […] mais également une fiscalité plus cohérente et plus juste ».

Le soutien au secteur du nickel, mais aussi à des secteurs porteurs qui favorisent la diversification de l’économie calédonienne, telle une filière de maintenance navale, fait aussi partie de la stratégie du 19e gouvernement.

Apporter aux Calédoniens une vie digne

Le 19e gouvernement entend enfin répondre à l’urgence sociale, en agissant sur le pouvoir d’achat des Calédoniens, l’accès à l’emploi, au logement et à la mobilité.

« Trop longtemps, nous avons répondu à ces besoins au coup par coup, sans prendre le temps de les relier entre eux », a souligné le président du gouvernement.

La jeunesse

La jeunesse demeure une priorité du gouvernement. L’alternance, la formation dans des filières locales d’avenir, ainsi que l’insertion seront les investissements du redressement. Le président souligne en effet que « chaque franc mis dans l’école et la formation rapportera plus à notre territoire qu’aucun autreNotre promesse tient en une phrase : que réussir ici redevienne possible ».

Mener les réformes ensemble

Pour mener à bien ces réformes, le président du gouvernement a souligné l’importance de travailler main dans la main et de manière cohérente avec l’ensemble des institutions de la Nouvelle-Calédonie, des partenaires sociaux et de l’État.

« Le redressement de la Nouvelle-Calédonie ne sera jamais l’œuvre de onze membres seuls. Il appellera la responsabilité du Congrès, l’engagement des collectivités et de leurs établissements publics, des partenaires sociaux, des forces économiques, des autorités coutumières, le soutien de l’État et la mobilisation de tous les Calédoniens », a t–il assuré.

Ces réformes urgentes devront  être menées dans un esprit de concertation et de justice, tout en n’entravant pas la reprise économique indispensable.

À travers sa déclaration de politique générale, Milakulo Tukumuli a ainsi pour ambition de conduire un « gouvernement de résultats ».

Malgré la difficulté des mesures à engager, « elles seront néanmoins toujours guidées par un principe simple : préparer l’avenir sans abandonner ceux qui vivent les difficultés du présent ».

Liens utiles