La gastronomie calédonienne à Taïwan

La gastronomie calédonienne à Taïwan

12 juillet 2018

Économie Relations extérieures

Marjorie Moulin (NCT&I) dans l’espace calédonien réservé sur le pavillon France.

Marjorie Moulin (NCT&I) dans l’espace calédonien réservé sur le pavillon France.

New Caledonia Trade & Invest (NCT&I), grappe d’entreprises calédoniennes dédiée à l’export, participait fin juin au 26e Salon international Food Show de Taipei. Une première qui s’est soldée par de sérieuses pistes conduisant à des prospects taiwanais très intéressés par le savoir-faire culinaire calédonien.

Grand-messe de la gastronomie internationale organisée du 27 au 30 juin dans la capitale de Taïwan, le Food Show 2018 a réuni plus de 1 500 exposants et accueilli près de 70 000 visiteurs au Nangang Exhibition Center. Une « mission exploratoire » de quatre jours, pour laquelle NCT&I représentait onze entreprises calédoniennes (liste ci-dessous). « En tant que membres du cluster, elles bénéficient de la mutualisation de l’envoi logistique de leurs produits et de leur visibilité sur le salon », explique Marjorie Moulin, “deputy manager” de NCT&I. Cette prestation permet aux adhérents ne pouvant se déplacer, faute de temps ou de moyens, de mandater le cluster afin qu'il démarche pour eux, et au mieux, les importateurs et distributeurs potentiels.

À Taipei, Marjorie Moulin était accompagnée de Vincent Mélani, du Service de la coopération régionale et des relations extérieures (gouvernement de la Nouvelle-Calédonie), de Cécile Chamboredon de la FINC, venue en renfort, mais aussi de Michel et Karl Nguyen, de la société Côté Mer, qui avaient souhaité nouer des contacts en direct.

Visibilité optimale

Une telle mission ne s’improvise pas. Avant chaque prospection, NCT&I se rapproche des chambres consulaires, des organismes-relais présents sur le territoire ciblé, et, surtout, de Business France, support aux entreprises pour l’export et l’investissement. La veille de l’ouverture du salon, la délégation était reçue par Anne Guinaudeau, conseillère export secteur agrotech, du Bureau français de Taipei (représentation de Business France) pour une réunion de préparation destinée à mieux appréhender le marché taïwanais, les approches commerciales face à un futur prospect et les us et coutumes locales. « Comme par exemple l’importance de donner sa carte de visite avec les deux mains, de laisser venir la personne à soi, d’être très à l’écoute et d’instaurer une relation de confiance avant d’entamer toute négociation. »

Le cluster avait réservé un espace de 27m2 sur le pavillon France situé tout près de l’entrée à un endroit stratégique, à côté d’exposants prestigieux dans la région, ce qui a offert aux Calédoniens une visibilité optimale. Cinq correspondants d’Aircalin basés à Taipei les ont rejoints sur le stand pour donner la main. « Lorsque NCT&I se déplace pour des missions économiques, il y a toujours un fil rouge tourisme. Les visiteurs ne sachant pas forcément où se situe la Nouvelle-Calédonie, nous mettons également en avant la destination », précise Marjorie.

Faire rayonner notre savoir-faire culinaire

Venue à ses frais, la société Côté Mer a elle aussi bénéficié, gratuitement, de cet emplacement idéal. Karl et son père Michel (78 ans et « plein de créativité » selon son fils) présentaient des “effilades” (sorte de carpaccio) d’holothurie et de troca, ainsi que du saumon fumé et des crevettes calédoniennes fumées au bois de niaouli. Autant de produits visant « une restauration haut de gamme », sans trop de débouchés à Nouméa, et qui ont séduit la clientèle de Taipei. « Même si l’accompagnement de NCT&I en amont de l’événement nous a permis d’être “fin prêts” pour le jour J, nous souhaitions nous rendre sur place, car la personne la mieux placée pour vendre un produit est celle qui l’a fabriqué, avec sa technique mais aussi son énergie, ses émotions, ses plaisirs », affirme Karl Nguyen. Celui qui s’est investi dans la société créée par son père a aujourd’hui pour ambition de « contribuer au rayonnement du savoir-faire culinaire de la Nouvelle-Calédonie par la valorisation des produits de la mer ».

La “French touch” de plus en plus prisée

En attendant, il se dit « vraiment content » de cette première expérience qui a vu Gourmet’s Partner, plus gros importateur alimentaire de Taïwan, s’intéresser de très près aux produits de sa société. Si bien que depuis le retour, Karl et Michel travaillent sur un catalogue à proposer à leur possible futur client. « Ces quatre jours de Food Show nous ont permis de tâter le terrain, de voir quelles opportunités s’offraient à nous, de positionner nos produits par rapport à la concurrence », résume Marjorie. Avec 70 prospects rencontrés, le bilan est largement positif. Des dizaines de cartes de visite ont été échangées, plusieurs contacts sérieux augurent déjà de belles promesses, comme avec les sociétés Mitsui ou Breeze, spécialisées dans les produits de niche ou de luxe.  « Nous nous sommes rendus compte que les entreprises calédoniennes qui exportent vers le Japon, du thon, de la squash, du miel, du chocolat… ont une vraie porte d’entrée sur Taïwan, et l’Asie en général, note Marjorie. C’est un gage de qualité pour les Taïwanais qui s’orientent de plus en plus vers une consommation à la “French touch” ».

Voir ses produits sublimés par un grand chef

Durant le Food Show, plusieurs animations culinaires ont permis de valoriser les produits calédoniens. Chef pâtissier de luxe, célèbre dans plusieurs pays d’Asie et à Londres où il a confectionné des gâteaux pour la famille royale, le Français Cyrille Courant a par exemple réalisé un dessert composé d’un mini-financier, d’un mini-éclair au caramel et d’un macaron, à partir du rhum de la Distillerie du Soleil. Alors que la très raffinée chef taïwanaise Vanessa Huang, formée à l’École Ferrandi à Paris, a préparé un mille-feuille de saumon fumé « Côté Mer » et mangues, accompagné de blinis de patates douces à la crème de caviar. Une tuerie, forcément ! « Et après le salon, elle nous a invités dans son restaurant Ephernité, où elle nous a fait l’honneur d’utiliser deux autres de nos produits, crevette et holothurie, dans une recette de terrine de légumes concoctée pour l’occasion, raconte Karl Nguyen. C’est cela notre récompense : de voir nos produits sublimés par un grand chef… ».

 

Karl et Michel Nguyen (Côté Mer) autour de Vanessa Huang, chef taïwanais formée à Paris.

Karl et Michel Nguyen (Côté Mer) autour de Vanessa Huang, chef taïwanais formée à Paris.

 

 

Onze sociétés représentées à Taipei

- La Périgourdine : conserves de canard et de thon

- La Distillerie du Soleil : rhum

- Douceurs du Caillou : achards et confitures

- Nature plus : infusions d’hibiscus

- Vanille des îles Loyauté

- Cap La Pérouse : thon

- Le Froid : bières Manta

- Biscochoc : grains de café au chocolat

- Brouss’ Mousse : bière

- Forêt de Mou : miel

- Côté Mer : produits de la mer

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Les success stories de NCT&I

Créé en 2015, New Caledonia Trade and Invest (NCT&I) réunit 104 membres, des entreprises (numérique, BTP, agroalimentaire…), à 85 % PME et TPE, mais aussi les trois chambres consulaires, les fédérations patronales et des organismes comme l’OPT ou l’ERPA. Ses principales missions, soutenir les entreprises calédoniennes dans leur développement à l’international, les représenter lors de missions de diplomatie économique, les structurer en leur apportant un “diagnostic export” et en leur proposant des pistes d’amélioration. Depuis son lancement, les signatures de contrats sont allées en s’accélérant : 18 “success stories” en 2016, 39 en 2017 et déjà 64 début juin 2018. Le cluster compte deux permanents, Alban Goullet Allard, le directeur, issu des énergies renouvelables, et Marjorie Moulin, venue du bâtiment. Outre les cotisations de ses adhérents, NCT&I perçoit une subvention annuelle de 10 millions de francs du gouvernement.