Dix nouveaux captages placés sous protection

Dix nouveaux captages placés sous protection

02 mai 2019

Environnement et énergie

Des outils réglementaires pour garantir la bonne qualité des eaux brutes nécessaire à la production d’eau potable.

Des outils réglementaires pour garantir la bonne qualité des eaux brutes nécessaire à la production d’eau potable.

Dans le cadre de la mise en œuvre de son schéma d’orientation de la politique de l’eau partagée, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a, par arrêté, déclaré d’utilité publique dix périmètres de protection des eaux et fixé les prescriptions applicables à l’intérieur de ces zones.

Six de ces captages d’eau se situent sur la commune de Canala (Méhoué, Ema, Nigu, Mérénémé, Mia-Kupé et Ouassé), deux à Thio (Pétroglyphes et Grand Borendy), un se trouve à Port-Boisé (Mont-Dore) et le dernier à Koné (Tiakana). L’arrêté pris par le gouvernement détermine les délimitations de ces dix nouveaux périmètres de protection des eaux (PPE), ainsi que les prescriptions et interdictions s’y appliquant. Il représente l’aboutissement d’une longue procédure. « Même en l’absence d’obligation réglementaire, nous restituons, systématiquement, les résultats des études PPE à l’ensemble des propriétaires concernés (propriétaires privés, autorités coutumières…) en association avec nos partenaires (communes, provinces…). L’acceptation du principe par les populations locales est indispensable au bon déroulement de la procédure et à l’efficience des PPE. L’accueil est toujours bon, les populations ont très bien compris la nécessité de protéger la ressource en eau », explique Erwann Lamand, agent du Pôle protection de la ressource en eau à la direction des Affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (Davar).

Enquêtes publiques et actes coutumiers

Après les études, les enquêtes publiques, de deux semaines à un mois. Le commissaire enquêteur transmet son rapport à la Davar qui, si l’avis est favorable, propose au gouvernement la mise en place d’outils réglementaires visant à garantir, sur le long terme, la bonne qualité des eaux brutes nécessaire à la production d’eau potable.
La déclaration d’utilité publique de quatre des dix PPE fait suite à la signature le 23 mai 2018 à la mairie de Canala d’actes coutumiers, en présence de Didier Poidyaliwane, membre du gouvernement en charge des affaires coutumières. Ces captages – tribus d’Ema, ressource la plus importante de la commune, Nigu, Mérénémé et Méhoué – se trouvent en effet sur du foncier coutumier. La démarche présente l'avantage d'associer les autorités coutumières et les populations à la gestion des périmètres de protection et, ainsi, de sensibiliser tout le monde.

Encore 170 zones de protection à installer

Tout ce minutieux travail s’inscrit dans le cadre du schéma d’orientation de la politique de l’eau partagée (PEP-NC), porté par le gouvernement depuis plusieurs années, adopté par les élus du Congrès le 19 mars 2019, et dont le premier objectif stratégique concerne la sanctuarisation des ressources et la protection des zones de captage. Dans les prochaines semaines, trois nouveaux captages seront mis sous protection par arrêté, deux à Canala et un à La Foa. Environ 170 PPE restent encore à instaurer sur des captages d’adduction en eau potable. « Ceci constitue une action prioritaire du gouvernement en matière de politique de l’eau, précise Geoffroy Wotling, chef du service de l’eau à la Davar. Nous poursuivons ce travail avec la volonté de le renforcer, en bénéficiant de moyens humains et juridiques plus conséquents, notamment pour améliorer la partie contrôles sur le terrain. Pour cela, nous comptons sur la nouvelle dynamique générée autour de la PEP-NC ».
 

Trois types de périmètres
Chaque ouvrage possède deux périmètres de protection (immédiate et rapprochée), voire un troisième (éloignée).

À l’intérieur du “périmètre de protection immédiate” (de quelques dizaines à quelques centaines de mètres carrés) signalé par des panneaux et qui vise à sécuriser l’ouvrage, sont interdits tout accès et toutes activités autres que celles liées à l’exploitation du captage, la baignade par exemple.

Au sein du “périmètre de protection rapprochée”, le plus sensible et complexe à définir, sont interdites toutes les activités susceptibles de nuire à la qualité des eaux, notamment les travaux liés à la mine, les terrassements, déboisements, constructions, mais aussi l’usage de produits phytosanitaires, les dépôts et rejets de toute nature, etc.

Souvent situé en haut des bassins versants, dans la Chaîne, le “périmètre de protection éloignée” n’est pas systématique. Ne comportant pas d’interdiction, il induit surtout une vigilance accrue notamment vis-à-vis de l’exploitation minière.

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Un vaste chantier
Sur les 413 captages recensés en 2018 en Nouvelle-Calédonie, la moitié à peine (54 %) possèdent des périmètres de protection. Près d’un tiers (31 %) produisent une eau non traitée et 33 % des captages en eaux de surface présentent des concessions minières dans leur bassin versant d’alimentation. À signaler aussi que 2/3 des communes ont des captages ou des forages sans contrôle qualité.

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