Les restrictions d'eau levées à l'île des Pins

Les restrictions d'eau levées à l'île des Pins

07 août 2017

Santé et social Aménagement du territoire

Dans la zone de Kuto, à l’île des Pins, l’eau du robinet peut de nouveau être consommée pour la boisson et la cuisine.

Dans la zone de Kuto, à l’île des Pins, l’eau du robinet peut de nouveau être consommée pour la boisson et la cuisine.

Le gouvernement vient de lever les restrictions de consommation d’eau imposées en début d’année, dans le sud-ouest de l’île des Pins, en raison de teneurs en nickel très élevées. Toutefois, pas question de relâcher la surveillance et l’effort en cours pour préserver la ressource.

Les habitants de la zone de Kuto sont de nouveau autorisés à consommer l'eau du robinet. Cette décision a été prise après la présentation, le jeudi 3 août à la mairie de l'île des Pins, du bilan des différentes actions engagées depuis plusieurs mois, dont le suivi mensuel du paramètre nickel dans l'eau. « C’est une bonne nouvelle pour l’île et sa population, ainsi que pour son développement économique et touristique, souligne Alain Marc, le secrétaire général du gouvernement. Une partie des actions menées en concertation par le gouvernement et ses services, la mairie de l’île des Pins et la province Sud a déjà permis d’améliorer sensiblement la situation  ».

Pour rappel, les restrictions avaient été mises en place à la suite de relevés montrant, sur deux captages en eau de l'île (Tokoin et Wetere), des concentrations en nickel dépassant le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est de 70 microgrammes par litre. Aujourd'hui, les analyses indiquent des taux qui ont chuté de moitié. Toutefois, ils restent encore bien trop élevés pour le captage de Wetere qui restera fermé jusqu'à nouvel ordre.

 

Impacté par le nickel, le captage de Wetere ne distribue plus le réseau de Kuto.

Impacté par le nickel, le captage de Wetere ne distribue plus le réseau de Kuto.

 

 

Lutter contre les feux

Comment expliquer cette forte diminution ? « La cause la plus probable est qu'il n'y a pas eu d'incendies cette année à l'île des Pins contrairement aux années précédentes. Ce n'est pas une certitude, mais cela semble être l'explication la plus logique », avance le secrétaire général. En effet, en détruisant la couverture végétale, les feux érodent les sols, qui, mis à nu, ne jouent plus leur rôle de barrière. Lessivées par les pluies, les terres brûlées laisseraient le minerai de nickel s'infiltrer et contaminer les nappes phréatiques.

Les Kunié sont donc invités à rester vigilants afin de lutter contre les départs d'incendies, mais aussi contre le gaspillage et les fuites d'eau, qui contribuent à appauvrir une ressource déjà faible et fragile.

Un PSSE pour 2018

L'île des Pins, tout en poursuivant le suivi mensuel de ses ressources, s’est engagée dans la réalisation d'un plan de sécurité sanitaire des eaux (PSSE). Cet outil lui permettra d'avoir une vision globale de la gestion de l'ensemble de son réseau. « L'objectif est d'identifier tous les risques potentiels liés à l'eau potable et d'indiquer les actions qui peuvent être mises en œuvre pour y faire face », explique Charlotte Duval, du bureau santé et environnement de la direction des Affaires sanitaires et sociales. La DASS qui accompagne justement la mairie dans l'élaboration de ce plan. Autre action prévue : renforcer la capacité du captage de Kodjeue pour desservir la zone de Kuto et abandonner les captages impactés par le nickel. Pour cela, une nouvelle pompe, livrée le 20 août, doit être installée.

Ainsi, les actions concertées se poursuivent, tandis que la vigilance reste de mise.

 

Au premier plan, Alain Marc, secrétaire général du gouvernement.

Au premier plan, Alain Marc, secrétaire général du gouvernement.

 

 

 

Des projets à long terme

Si les restrictions ont été levées, « il reste encore de nombreuses actions à mener car c'est un sujet complexe », prévient le secrétaire général du gouvernement. Parmi celles-ci, la recherche « de nouvelles ressources souterraines en implantant un ou plusieurs nouveaux forages », indique Valérie Gentien, chef adjoint du service de l'eau de la direction des Affaires vétérinaires, alimentaires et rurales. Une étude, commandée par la mairie de l’île des Pins à la société EMR, est en cours de réalisation.

En parallèle, d'autres recherches, qui seront riches d'enseignement pour la Calédonie toute entière, ont été lancées. L'une concerne les conséquences de l’exposition humaine aux métaux présents naturellement dans l’environnement, dont le nickel. « Un sujet pour l'instant peu étudié et qui pose la question de savoir si l'eau potable est la seule source d'accumulation du nickel dans le corps », constate Alain Marc. L'autre étude est liée à l'impact des incendies sur la contamination de l'eau, en particulier les feux de forêt de pinus. La gestion de cette espèce, très inflammable, est devenue problématique sur l’île. De son côté, la province Sud prévoit des programmes de revégétalisation des zones brûlées autour des captages d'eau avec des espèces endémiques, ainsi que la création d'une pépinière éducative au sein du collège de Vao.

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