Conjuguer emploi et handicap

Après la présentation des mesures, Christopher Gygès a visité le CAT de Tina-sur-Mer où des adultes déficients intellectuels participent à des activités à caractère professionnel. Ici, l’activité agriculture.

Après la présentation des mesures, Christopher Gygès a visité le CAT de Tina-sur-Mer où des adultes déficients intellectuels participent à des activités à caractère professionnel. Ici, l’activité agriculture.

Chargé du handicap au gouvernement, Christopher Gygès a annoncé de nouvelles mesures en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Une enveloppe de 300 millions de francs sera consacrée à ce « sujet prioritaire pour l’année 2018 ».

C’est dans le cadre verdoyant du Centre d’aide par le travail (CAT) de Tina-sur-Mer, et en présence des associations du secteur et des organisations patronales, que le membre du gouvernement Christopher Gygès a présenté à la presse, jeudi 7 juin, les décisions prises pour soutenir et faciliter l’emploi des personnes en situation de handicap.

« Ces mesures sont le fruit d’une nouvelle dynamique lancée par le gouvernement fin 2017, en étroite collaboration avec les entreprises et les associations, afin d’établir un plan d’action concerté », a-t-il souligné. Au programme, des dispositions à court, moyen et long terme pour développer l’insertion professionnelle de ce public fragile en améliorant leurs conditions de travail, d’une part, et en finançant des aides directes aux entreprises, d’autre part (voir encadré).

 

Christopher Gygès aux côtés des représentants des associations du secteur et des organisations patronales.

Christopher Gygès aux côtés des représentants des associations du secteur et des organisations patronales.

 

 

300 millions par an

300 millions de francs par an seront consacrés à la mise en œuvre de ces objectifs. Cette somme sera prélevée sur le Fonds pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap (FIPH), créé en 2009 et alimenté par les contributions versées par les entreprises de plus de 20 salariés afin de s’acquitter des conditions prévues par la loi sur l’embauche des travailleurs handicapés. Une « sanction injuste », selon les organisations patronales. « Dans les faits, la loi est difficilement applicable par les entreprises, même avec de la bonne volonté ! Utiliser ce fonds pour favoriser l’insertion professionnelle des handicapés est donc une très bonne chose car c’est faire de la sanction, un vrai outil d’intégration. »

Le FIPH pourra ainsi jouer pleinement son rôle en faveur de l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

Satisfaction générale

Autour de la table depuis plusieurs mois pour définir ces actions, les partenaires sociaux comme les associations se réjouissent de ces décisions. Ils se déclarent « très contents de faire avancer les choses », se félicitent de participer à ce « beau challenge » et espèrent que « ce nouveau dynamisme portera ses fruits à brève échéance, mais aussi à plus long terme ».

Les premières mesures du plan d’action seront mises en œuvre dès juillet, simultanément au lancement du site internet handicap.nc Une campagne de communication sur les capacités à travailler des personnes en situation de handicap sera ensuite déployée. Et, d’ici à la fin de l’année, les textes de loi seront modernisés.

 

Les mesures pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap

Axe N° 1 : améliorer les conditions de travail

• Adaptation des machines ;

• aménagement des postes, des lieux, des accès ;

• financement d’équipements spécifiques ;

• financement d’études d’adaptation par des ergothérapeutes ;

• compensation financière des délais d’aménagement.

 

Axe n° 2 : financer des aides directes aux entreprises favorisant l’embauche et l’insertion professionnelle

• Prise en charge d’une partie des charges sociales (patronales) pour l’embauche d’un travailleur handicapé sur une durée minimale de trois mois et versement d’une prime à l’embauche pour les contrats à durée indéterminée ;

• financement de formations pour les personnes en situation de handicap et pour les employeurs ;

• aide à la création d’entreprise ou financement d’équipements pour les travailleurs indépendants ;

• financement de projets d’associations ou d’institutions favorisant l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap.

Le Centre d’aide par le travail (CAT)

Basé à Tina-sur-Mer, le CAT est une structure de l’association de parents et amis de personnes handicapées intellectuelles (APEI). Elle accueille 85 adultes déficients intellectuels reconnus travailleurs handicapés et dont les qualifications et les capacités de travail ne leur permettent pas, momentanément ou durablement, de travailler dans des entreprises ordinaires ou d’exercer une activité professionnelle indépendante.

Le CAT réunit une équipe de 20 professionnels (encadrants techniques, éducateurs spécialisés, psychologue, etc.) et dispose de six ateliers : lingerie, cuisine, entretien des locaux, conditionnement, polyvalent (bâtiment, etc.), agriculture. Les activités sont exercées sur le site du CAT ou à l’extérieur (via la prestation de service ou la mise à disposition de travailleurs). Il est aussi doté d’un service d’accompagnement vers l’autonomie et l’insertion professionnelle qui permet chaque année à 4 ou 5 travailleurs handicapés de décrocher un CDI.

 

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