Baptême du feu pour le simulateur d’incendie

Baptême du feu pour le simulateur d’incendie

10 juillet 2017

Sécurité civile et prévention

Un simulateur de feux de navires dernière génération, entièrement financé par le gouvernement.

Un simulateur de feux de navires dernière génération, entièrement financé par le gouvernement.

En compagnie du capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, adjoint interarmées du commandant supérieur des Fanc, et de Laurent Bechler, commandant de la Base navale de Nouméa, Philippe Germain a inauguré un simulateur d’entraînement aux techniques d’intervention à bord des navires. Fruit d’un partenariat entre la Marine nationale et la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) du gouvernement.

Caméra thermique au poing, trois marins pompiers se faufilent dans le labyrinthe des coursives. Un feu sec de cargaison s’est déclenché. Il faut absolument éviter qu’il se propage au reste du navire. La scène ne se déroule pas à bord du Betico ou d’un paquebot mouillant dans le lagon, mais à l’intérieur du Setib, simulateur d’entraînement aux techniques d’intervention à bord des navires, installé à la Base navale. À l’extérieur, les images du sauvetage sont projetées sur un écran géant. Personnalités civiles et militaires suivent l’opération en direct. Conçu par le Bataillon des marins-pompiers de Marseille, seul habilité en Métropole à certifier les formations de lutte contre ce type d’incendie, et construit par une entreprise néerlandaise, le Setib subit son baptême du feu.

« Nous touchons aujourd’hui le fruit de trois années de travail partenarial entre la Sécurité civile et la Marine nationale », se félicite Philippe Germain. Le simulateur est l’une des traductions concrètes de la convention signée le 30 juillet 2014 entre le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et la Base navale. Elle concerne la formation des cadres civils et militaires, et prévoit un travail collaboratif en matière d’expertise, de prévention dans la lutte contre les sinistres à bord des navires, de manœuvres ou d'exercices conjoints.

« Un outil exceptionnel »

Cet outil, qui a coûté à la Nouvelle-Calédonie 60 millions de francs, offrira aux sapeurs-pompiers civils formés par la DSCGR, comme aux marins pompiers militaires des Fanc, la possibilité de parfaire leur connaissance technique ou de maintenir leurs acquis opérationnels. Il pourra également être accessible aux stagiaires de la marine marchande de l’École des métiers de la mer (EMM) par l’intermédiaire du centre de formation de la Sécurité civile. « Et il permettra aux pompiers militaires et civils de développer une culture opérationnelle commune pour être plus efficaces en cas de sinistre réel », ajoute le président du gouvernement.

Alors que Yves Mathis, directeur de cabinet du haut-commissaire, salue « la mutualisation des compétences et des moyens » et souligne « l’effort financier conséquent consenti par le gouvernement », le commandant de la Base navale Laurent Bechler, de son côté, ne cache pas sa satisfaction face à cet « outil d’entraînement exceptionnel, qui renforce toujours plus les liens déjà forts qui nous unissent à la DSCGR ». « La Nouvelle-Calédonie fait figure de pionnière, indique-t-il. La Marine nationale ne dispose plus, outre-mer, d’équipements permettant de maintenir toutes les qualifications de nos équipages en matière de sécurité incendie. Elle regarde donc attentivement le projet de Nouméa ».

« Des partenariats très enrichissants »

Chef du service formation à la DSCGR, le lieutenant Alexandre Rossignol se réjouit de ces « partenariats très enrichissants » entre Sécurité civile et Marine et Gendarmerie nationales, Port autonome, EMM ou encore RSMA… « L’objectif est de travailler tous ensemble pour la protection des personnes, des biens et de l’environnement, et de mutualiser nos différentes actions de formation. » Dans l’immédiat, les marins de Chaleix s’entraîneront au quotidien sur le Setib. Première quinzaine d’octobre, des marins pompiers de Marseille, références en la matière, viendront dispenser une formation. Les différents services de secours calédoniens pourront alors commencer à mener des exercices grandeur nature à bord de vrais navires, en manœuvrant sur une mer un peu plus agitée qu’à terre.

 

 

Philippe Germain a rappelé la convention signée le 30 juillet 2014 entre gouvernement et Marine nationale.

Philippe Germain a rappelé la convention signée le 30 juillet 2014 entre gouvernement et Marine nationale.

 

 

Laurent Bechler, commandant de la Base navale de Nouméa.

Laurent Bechler, commandant de la Base navale de Nouméa.

 

 

Vendredi 7 juillet 2017 : Philippe Germain et l’adjoint interarmées du commandant supérieur des Fanc, Jean-Louis Fournier, s’apprêtent à dévoiler la plaque inaugurale du simulateur.

Vendredi 7 juillet 2017 : Philippe Germain et l’adjoint interarmées du commandant supérieur des Fanc, Jean-Louis Fournier, s’apprêtent à dévoiler la plaque inaugurale du simulateur.

 

 

 

 

Des conditions proches du réel

Le Setib permet de simuler, dans des conditions proches du réel, les opérations de lutte contre les incendies sur des navires de plus de 30 m dont la structure, la nature de la cargaison, la dimension des accès et les cheminements rendent les opérations difficiles. Il est entièrement piloté à partir d’une console électronique centrale (photo). De la salle des machines au poste de commande, des générateurs de flammes couplés avec des machines à fumée proposent sur deux niveaux des scénarios de moteurs, d’armoire électrique ou de sous-plancher enflammés (par une alimentation au gaz). La température peut monter jusqu’à 300° C. Le Setib répond aux dernières normes de sécurité et environnementales.

 

Baptême du feu pour le simulateur d’incendie

 

 

Une réponse immédiate et adaptée

Plus de 50 % du trafic commercial maritime de l'outre-mer français (porte-conteneurs, vraquiers, pétroliers…), plus de 500 escales de paquebots de croisière par an, 320 000 passagers qui empruntent chaque année un bateau à destination des îles…, l'augmentation du trafic maritime justifiait que le gouvernement, à travers la DSCGR, réfléchisse à un tel outil. Car la probabilité de survenue d'un incendie à bord d’un navire est forcément plus élevée qu'il y a dix ans. « L’occurrence reste faible, mais les conséquences peuvent être considérables le jour où ça brûle. Nous disposons désormais d’une réponse opérationnelle immédiate et adaptée », précise le lieutenant Rossignol.