Kalepo repose en terre Tokanod

13 novembre 2017

Société

Un cortège funéraire a accompagné le tirailleur Kalepo Wabete jusqu’à sa dernière demeure, sur son île natale de Tiga.

Un cortège funéraire a accompagné le tirailleur Kalepo Wabete jusqu’à sa dernière demeure, sur son île natale de Tiga.

Le tirailleur Kalepo Wabete a été inhumé le samedi 11 novembre à Tiga (Tokanod), près d’un siècle après avoir péri pendant la guerre de 14-18. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du gouvernement Philippe Germain et de nombreuses personnalités.

Le retour de "grand-père Kalepo" agite la petite île de Tiga et sa cinquantaine de résidents permanents qui s’apprêtent à accueillir une foule d’invités. Sur la piste de l’aérodrome, une haie d’honneur s’est formée pour accueillir le cercueil qui était auparavant à la commémoration du 99e anniversaire de l’armistice de 1918 à Nouméa. « C’est un soulagement après toutes ces années de combat menées de génération en génération. Même si nous ne l’avons pas connu, nous avions toujours cet espoir qu’il revienne », confie Lucie Wabete, 26 ans, en évoquant les longues démarches engagées par sa famille pour que l’État accepte d’accompagner le rapatriement de leur ancêtre.

 

Grâce au soutien du gouvernement, l’accueil coutumier et l’inhumation de Kalepo Wabete à Tiga se sont déroulés en présence de nombreux invités.

Grâce au soutien du gouvernement, l’accueil coutumier et l’inhumation de Kalepo Wabete à Tiga se sont déroulés en présence de nombreux invités.

 

Patrimoine calédonien

De la nécropole militaire de Flavigny-le-Petit (dans l’Aisne) jusqu’à l’hommage rendu à Ko We Kara en passant par l’Arc de Triomphe à Paris, ce retour est devenu tout un symbole. « Les institutions nous ont soutenus afin de partager cet événement. Kalepo ne représente pas seulement notre famille. Il fait partie du patrimoine de la Nouvelle-Calédonie », poursuit l’arrière-petite-nièce du tirailleur.

Sur l’île, les hommages se multiplient : à la chefferie tout d’abord, puis au clan Iehnae, celui de Kalepo. Le jeune homme – il avait 27 ans lorsqu’il s’est engagé volontaire en 1916 – est parti à la place de son frère aîné, déjà père de famille. Son comportement sur le front lui a valu une citation de ses supérieurs qui saluent « son grand sang-froid au cours des bombardements et des tirs de barrage », comme l’a rappelé Philippe Gomès. « C’est un héros français, un héros calédonien, un héros kanak qui revient aujourd’hui », a insisté le député.

 

Une partie de la délégation des représentants des institutions calédoniennes et de l’État.

Une partie de la délégation des représentants des institutions calédoniennes et de l’État.

 

Souvenirs

Membres de la famille, habitants et invités, anciens et jeunes, profitent de cette journée pour se souvenir eux aussi d’un ancêtre parti combattre en 14-18. Ils ont été environ 2 000 Calédoniens et comme l’a souligné Philippe Germain dans son discours prononcé la veille à Ko We Kara, 575 sont morts loin de chez eux. 

Au petit cimetière de Tiga, l’assistance écoute avec attention l’éloge funèbre du général Thierry Marchand au "frère d’armes" Kalepo, suivi du dernier geste du Haut-commissaire Thierry Lataste et de l’office religieux par le pasteur Passa. La mission des uns et des autres est remplie, le tirailleur Kalepo Wabete repose désormais sur sa terre natale.  

 

L’inhumation du tirailleur Kalepo Wabete au cimetière de Tiga.

L’inhumation du tirailleur Kalepo Wabete au cimetière de Tiga.

 

 

 

 

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