300 millions pour booster l’investissement agricole

26 juillet 2018

Agriculture Économie

Luis-Miguel Casaroli, directeur du Crédit agricole mutuel et Philippe Germain, président du gouvernement.

Luis-Miguel Casaroli, directeur du Crédit agricole mutuel et Philippe Germain, président du gouvernement.

Le gouvernement va verser 300 millions de francs sur trois ans au Crédit agricole mutuel. Objectif : doter l’organisme de prêt d’un fonds suffisant pour faciliter les investissements des agriculteurs par le recours à l’emprunt. Un nouvel usage de l’argent public qui permettra à la somme initiale de fructifier, et au secteur agricole, de gagner en autonomie financière.

Engagé depuis 2015 en faveur du développement de l’agriculture afin de tendre vers l’autosuffisance alimentaire du territoire, le gouvernement vient de franchir une nouvelle étape. « Pour que cette politique porte ses fruits, il faut réunir tous les ingrédients du succès : des terres agricoles, de l’eau, des hommes et des moyens », a expliqué le président Germain. Après la mise en place des baux ruraux et le lancement des travaux de rédaction d’une politique de l’eau, restait donc à répondre aux besoins financiers. « Pour pallier ce manque de ressources, le gouvernement s’est engagé dans une forme de capitalisation du Crédit agricole mutuel (CAM, lire l’encadré) par un apport sous la forme d’une subvention de 300 millions de francs sur trois ans », a annoncé Philippe Germain.

La convention, signée le 24 juillet entre le gouvernement et le CAM, principal organisme de prêt aux agriculteurs calédoniens, a donné le coup d’envoi de ce dispositif avec un premier versement de 75 millions de francs. Une somme qui devra profiter aux agriculteurs en facilitant leurs investissements par le biais de prêts contractés auprès du CAM.

 

Le président du CAM, David Perrard (à gauche) et le membre du gouvernement en charge de l’agriculture, Nicolas Metzdorf (à droite) ont assisté à la signature de la convention.

Le président du CAM, David Perrard (à gauche) et le membre du gouvernement en charge de l’agriculture, Nicolas Metzdorf (à droite) ont assisté à la signature de la convention.

 

« Optimiser la dépense publique »

« Cette nouvelle manière de soutenir financièrement l’agriculture permet d’optimiser la dépense publique », a indiqué Nicolas Metzdorf, chargé de l’agriculture au gouvernement. Elle offre en effet plusieurs avantages. Celui de l’effet multiplicateur, tout  d’abord : contrairement à une subvention sèche qui, une fois empochée par son bénéficiaire ne génère pas d’intérêt, le prêt fait fructifier l’argent. Et celui de capitaliser sur l’expertise du CAM qui peine à accomplir sa mission en raison de fonds insuffisants. Parce qu’il n’est pas une banque dans laquelle on dépose de l’argent ou qui pourrait s’appuyer sur une maison-mère, mais un organisme de crédit stricto sensu, le CAM ne dispose pas de sources de refinancement.

La capacité de prêt du CAM ainsi augmentée devra lui permettre, à terme, de se substituer aux aides des provinces. « C’est un cercle vertueux, a schématisé le président. Plus les agriculteurs pourront obtenir de financements, moins ils auront besoin de soutiens publics et plus ils investiront. Par conséquent, ils produiront davantage et nous gagnerons en autosuffisance alimentaire. »

 

« Le CAM est un outil à taille humaine qu’il faut soutenir » a déclaré le directeur de la chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie, Gérard Pasco.

« Le CAM est un outil à taille humaine qu’il faut soutenir » a déclaré le directeur de la chambre d’agriculture de Nouvelle-Calédonie, Gérard Pasco.

 

Le Crédit agricole mutuel

Fondé en 1933, le Crédit agricole mutuel de Nouvelle-Calédonie est une société coopérative à capital variable dont la mission est de faciliter et de garantir les opérations effectuées par ses sociétaires en matière de production agricole. Les bénéfices réalisés par le CAM sont affectés à un fonds de réserve qui permet de financer les prêts consentis par le CAM. Il n'est rattaché ni adossé à aucune structure ni réseau bancaire calédonien ou national, mais il est soumis aux mêmes obligations réglementaires que la profession bancaire.

Il compte 1 364 sociétaires, dispose de 2,5 milliards de francs en capitaux propres et assume 45 % des prêts accordés au secteur agricole calédonien.

 

 

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