Nouméa dans la mêlée

13 juin 2018

Jeunesse et sports

Le tournoi réunira les “vétérans” de quatre nations : France, Fidji, Australie et Nouvelle-Zélande.  © DR

Le tournoi réunira les “vétérans” de quatre nations : France, Fidji, Australie et Nouvelle-Zélande. © DR

Des stars internationales du ballon ovale seront réunies au stade Numa-Daly de Magenta du 24 août au 1er septembre prochain. Bienvenue à la première édition de la “Classic Rugby Cup Nouméa”, co-organisée par l’Académie du Pacifique Sud, “mini-centre de formation” de rugby, en cours de création.

« Créer un événement rugbystique sur un territoire au cœur de ce qui se fait de mieux au niveau mondial », tel était l’objectif d’Hervé Mazzocco, président de la société Orion Sport, lorsqu’il a commencé à échafauder son projet, en novembre 2016. Cet ancien 3e ligne de Clermont, « le club de son cœur », reconverti dans les énergies renouvelables, et gérant de plusieurs sociétés en France et aux États-Unis, participait alors avec “France Classic” à un tournoi de rugby… aux Bermudes. Une compétition à huit équipes réservée, depuis une trentaine d’années, aux anciens internationaux sud-africains, argentins, Lions britanniques… Une compétition qui s’essoufflait et que, vu la distance, les Néo-Zélandais commençaient à bouder.

Alors Hervé a mis en mouvement le projet de “Classic Rugby Cup Nouméa”. Un tournoi similaire, ouvert aux “vétérans”, pas de la Grande Guerre, mais ceux de la finale de la Coupe du monde de rugby 2011 par exemple (les Bleus s’étaient inclinés d’un fil face aux All Blacks, 7-8). Aux plus de 33 ans qui ont raccroché leurs crampons récemment, jeunes “retraités” du Top 14 à l’image d’un Aurélien Rougerie (Clermont) ou Frédéric Michalak (Lyon) qui viennent de mettre un terme à leur carrière professionnelle et qu’on annonce déjà à Nouméa fin août ! À tous ceux qui « aiment se regrouper et retrouver l’ambiance d’un rugby festif et convivial, tel qu’on le connaissait encore il y a quelques années ».

Quatre équipes disputeront la première édition de cette compétition : France, Fidji, Australie et Nouvelle-Zélande. « Depuis deux saisons, nous essayons par tous les moyens d’attirer des événements sur le territoire, parce que nous avions un déficit de visibilité et que le rugby mérite d’être exposé davantage », confirme Marc Barré, président de la ligue calédonienne, qui entend continuer à diffuser les valeurs de ce sport et amener un maximum de jeunes, filles et garçons, à le pratiquer.

Un rêve qui se concrétise

« La Classic servira de support de promotion de l’Académie du Pacifique Sud, parce que le vrai moteur, c’est elle, c’est ce projet humain et social », poursuit Hervé Mazzocco qui entretient néanmoins l’espoir que l’événement en gestation devienne LA référence internationale. Co-organisatrice de la manifestation, l’académie (lire ci-dessous), à laquelle une partie des bénéfices sera reversée, est présidée par le Calédonien d’origine wallisienne Willy Taofifenua, 55 ans, 3e ligne aile de Grenoble de 1992 à 2001. « Ce rêve d’académie à Nouméa, je le fais depuis très longtemps, il va enfin se concrétiser… » Le 29 juin, Willy signera en effet, à Perpignan, avec les représentants de la fédération française une convention de délégation de gestion à l’académie, laquelle devrait ouvrir en février 2019.

« Le gouvernement se réjouit de cette initiative d’anciens joueurs ayant la passion du rugby au profit de nos jeunes, indique Philippe Germain. Ils viennent leur tendre la main, les aider à grandir, à se former, tout en assurant un métier ou un bagage à ceux qui ne pourront pas tenter une carrière professionnelle en Métropole ». Pour le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, « ce tournoi représente un bon coup de projecteur » sur une discipline qui ne cesse de courtiser les jeunes pousses.

 

Conférence de presse, au cours de laquelle Hervé Mazzocco (au centre) a annoncé la création de l’épreuve.

Conférence de presse, au cours de laquelle Hervé Mazzocco (au centre) a annoncé la création de l’épreuve.

 

 

Demandez le programme !

Avec, comme ambassadeur Jocelino Suta, 2e ligne calédonien de Toulon qui vient de mettre un terme à sa carrière, le tournoi se déroulera du 24 août au 1er septembre 2018 au stade Numa-Daly. Quatre équipes disputeront cette première édition : les vétérans français, néo-zélandais, australiens et fidjiens. La sélection calédonienne sera associée aux agapes en affrontant Fidji lors du match d’ouverture. D’un budget de 400 à 500 000 euros, la Classic Rugby Cup Nouméa se veut populaire, avec des billets d’entrée à partir de 950 F. Des packages seront proposés aux TO de la région par NCTPS qui organisera une journée de cohésion au phare Amédée. En parallèle de la compétition, les promoteurs de l’événement proposeront du CrossFit place des Cocotiers et un tournoi de golf ouvert aux partenaires. Et chaque délégation ira à la rencontre des jeunes dans les écoles de rugby.

 

Une académie pour très bientôt

Association loi 1901, l’Académie du Pacifique Sud (18-21 ans) est la suite logique du pôle espoirs ouvert en février 2017 au sein du lycée du Grand Nouméa. Ouverte aux Calédoniens ainsi qu’aux Wallisiens-et-Futuniens, filles comme garçons, elle en accueillera une vingtaine à la rentrée 2019, pour une croissance maximale évaluée à 45 jeunes. Elle pourrait être basée au Cise de Koutio, les pensionnaires s’entraînant sur les terrains du Pont-des-Français. « On donne à l’académie la responsabilité de la gestion administrative et sportive, sous contrôle des critères de formation FFR », explique Marc Barré. Si Willy Taofifenua la préside, Alain Paco en est l’actuel responsable sportif. À 66 ans, l’ancien talonneur six fois champion de France avec l’ogre biterrois des années 1970, appelé à 35 reprises en équipe de France et vainqueur du Grand Chelem en 1977 au sein d’une première ligne mythique avec le monstre Gérard Cholley et le regretté Robert Paparemborde, se montre impatient de relever le défi. « C’est un gros challenge de renforcer leur formation rugbystique, scolaire et professionnelle, de conserver les forces vives du territoire un peu plus longtemps, définir les capacités de chacun vis-à-vis du haut niveau, de détecter, conseiller… Nous privilégierons la qualité de l’accompagnement. »

Alain Paco et Willy Taofifenua, responsable sportif et président de la future Académie du Pacifique Sud.

Alain Paco et Willy Taofifenua, responsable sportif et président de la future Académie du Pacifique Sud.

 

 

 

 

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