Un charter de 260 Chinois pour tester le marché

Le 1er février dernier, Jean-Marc Mocellin, DG de NCTPS, a expliqué comment la Nouvelle-Calédonie était devenue une destination “China Ready”.

Le 1er février dernier, Jean-Marc Mocellin, DG de NCTPS, a expliqué comment la Nouvelle-Calédonie était devenue une destination “China Ready”.

À bord du tout premier vol charter commercial entre la Chine et la Nouvelle-Calédonie, 260 touristes en provenance de Hangzhou sont attendus, si les conditions météo le permettent, ce samedi 17 février à La Tontouta. Ils séjourneront à Nouméa, Bourail et l’Île des Pins jusqu’au vendredi 23. Le fruit d’un minutieux travail multipartenarial, notamment entre Aircalin, NCTPS, les services du gouvernement et le tour-opérateur Caïssa.

« Tout est allé très vite ! », lance Jean-Marc Mocellin, directeur général de Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud (NCTPS) qui, dans le cadre de la stratégie pays, se charge de la promotion internationale du Caillou. « Entre le premier travail de séduction des tours opérateurs chinois et le premier charter, aujourd’hui, à peine neuf mois se sont écoulés. L’élément déclencheur aura été notre déplacement collectif en juin où nous avons été – très bien – reçus par les plus grands patrons du tourisme chinois ! »

Ce samedi 17 février, 260 touristes chinois débarquent pour six jours à La Tontouta en provenance de Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang, ville située à 200 km au sud-ouest de Shanghai, dont l’aéroport international accueille 30 millions de passagers par an, pour un trafic de 780 vols par jour ! Un voyage direct de dix heures, à bord d’un A330 d’Aircalin complet depuis deux mois ! Au sol, à Hangzhou, la compagnie calédonienne a positionné un contrôleur du catering, deux personnels encadrants de l’escale de La Tontouta pour les phases d’embarquement et de débarquement, ainsi qu’un mécanicien de la direction technique. À bord, un équipage dédié, sensibilisé aux règles de bienséance et aux habitudes gustatives des Chinois. Aucune chance, par exemple, de trouver un quelconque bout de fromage sur un plateau repas.

Trois voyages en un seul !

Depuis plusieurs années, Aircalin possède une représentation commerciale en Chine. « Nous prospections depuis longtemps le marché, comme d’autres marchés émergents asiatiques, mais sans résultat concret, en raison du nombre d’obstacles, explique William Le Grand, directeur général adjoint d’Aircalin. Nous ne pouvions y aller seuls. Ce charter, qui a valeur de test et augure, si tout se passe bien pour les suivants, d’une éventuelle future ligne régulière, est vraiment le fruit d’un travail commun ».

À bord du charter, NCTPS a invité des influenceurs, blogueurs et web TV qui médiatiseront ce vol inaugural et contribueront ainsi à la notoriété de la destination. « Entre le moyen de gamme fidjien et le luxe tahitien, la Nouvelle-Calédonie offre en un seul voyage trois aspects totalement différents : les îles, le côté ville française (Nouméa, “côte d’Azur du Pacifique”), et la culture, kanak et broussarde, assure Jean-Marc Mocellin. C’est vraiment un atout par rapport à d’autres pays de la région qui n’ont “que” des îles à proposer ».

Facilités bancaires et douanières

Une fois les 260 visiteurs repartis, les partenaires continueront de peaufiner l’accueil : possibilité d’échanger des yuans dans les banques locales, déploiement de la carte de crédit Union Pay, commercialisation par l’OPT d’une carte SIM avec accès 3G pour pouvoir envoyer photos et vidéos sur les réseaux sociaux, ce dont les Chinois sont particulièrement friands, dispense de visa pour les touristes restant moins de deux semaines, etc. « Au total, ce sont 30 millions de francs qui seront investis en 2018, principalement pour du démarchage et de la formation. » D’autres charters devraient suivre. La demande existe. « La machine est lancée, mais nous restons prudents et méthodiques. »

 

Des packages à 400 000 francs
Les 260 touristes seront dispatchés sur trois sites : Nouméa, Île des Pins et Bourail, à la carte. Dans la capitale, leur seront proposés un “country tour” – centre culturel Tjibaou, église de la Conception, Ouen Toro et baies –, un “gourmet tour” (marché de la Moselle, pâtisseries…) ainsi qu’une découverte de l’île aux Canards. À Kunié, place au “lagoon tour”, avec immersion dans le bleu et dégustation d’une langouste grillée sur un îlot. À Bourail, visite du domaine de Deva, d’une exploitation broussarde, et un peu de snorkeling. Ils seront logés dans les deux Méridien et le Sheraton, hôtels de la chaîne Mariott qui ont formé leurs personnels en amont et assureront à leurs invités la sécurité et la qualité qu’ils recherchent. « Il s’agit de touristes curieux et habitués des voyages, davantage orientés vers la culture que le shopping », indique Natalie Meynard, co-fondatrice de Nouméa Travel Specialist, qui assure la commercialisation des packages et l’accompagnement. Coût du séjour : 400 000 F, transports, hébergement, excursions et petits déjeuners compris.

 

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Des formations China Ready
Comprendre les attentes des touristes chinois et éviter certains obstacles est « un véritable travail de fourmi » selon le DG de NCTPS. Pour le mener à bien, un premier séminaire orienté sur la manière de commercialiser son produit en Chine s’est déroulé en mars 2017. Le 1er février dernier, une seconde session intitulée « Comment bien accueillir la clientèle chinoise  », et destinée aux prestataires touristiques locaux et commerçants, s’est tenue au centre administratif de la province Sud. Une quarantaine de personnes y ont participé. Guide touristique en Nouvelle-Calédonie depuis dix ans, Yué Liu l’a animée. « Le marché chinois fait rêver beaucoup de professionnels du tourisme, mais ce public a ses spécificités, sa culture, il faut donc se préparer correctement pour pouvoir bien l’accueillir ». Au programme de la formation, un petit topo historique, géographique et culturel, avant d’aborder les us et coutumes, les règles à observer dans un restaurant, les choses à ne surtout pas faire dans un hôtel, etc. « Ils arrivent en plein Nouvel An chinois, la fête du printemps. » Yué a donc conseillé à son auditoire de s’habiller en rouge, couleur de prospérité, de bonheur et de chance, comme le veut la tradition, ou d’en disposer quelques touches à l’intérieur des magasins. Et elle a appris à ses “stagiaires” à souhaiter la bonne année en chinois : « Xin nien hao ! ».

 

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Calendrier

- Décembre 2016 : les conclusions des Ateliers du tourisme désignent la Chine comme un marché potentiel majeur, avec un objectif de 6 000 visiteurs pour 2025.

- Mars 2017 : 1er séminaire « China Ready », organisé par NCTPS et le gouvernement.

- Mai 2017 : voyage découverte en Nouvelle-Calédonie des équipes du TO Caïssa.

- Juin 2017 : une délégation de quinze acteurs calédoniens du tourisme participe à un workshop à Beijing et Shanghai.

- Octobre 2017 : signature d’un accord de partenariat avec le TO Caïssa ; en parallèle, le gouvernement obtient des autorités chinoises que la Nouvelle-Calédonie accède au statut de « destination touristique agréée », ce qui facilite l’octroi de visas pour les groupes. 

- 1er janvier 2018 : recrutement par NCTPS d’une agence de représentation en Chine, Travel Link Marketing, afin de promouvoir la destination.

- 1er février 2018 : 2e volet de la formation China Ready.

- 17 février 2018 : arrivée à La Tontouta du premier charter en provenance de Chine.
 

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