Un centre dédié à la cybersécurité en Nouvelle-Calédonie

Un centre dédié à la cybersécurité en Nouvelle-Calédonie

20 décembre 2022

Numérique Sécurité et prévention

Le projet a été dévoilé aux représentants des secteurs publics et privés lors d’une présentation organisée à la Station N.

Le projet a été dévoilé aux représentants des secteurs publics et privés lors d’une présentation organisée à la Station N.

Des représentants des secteurs publics et privés se sont réunis le 15 décembre à l’invitation de Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé de l’économie numérique et de Vaimu’a Muliava, chargé de la modernisation de l’action publique, de la transition numérique, de l’innovation technologie et des relations avec les collectivités d’Outre-mer du Pacifique en lien avec le président, afin de découvrir le projet de création d’un centre de ressources de cybersécurité en Nouvelle-Calédonie.

L’insularité de la Nouvelle-Calédonie ne peut pas la mettre à l’abri des menaces qui passent par les réseaux informatiques. Malheureusement, le nombre de cyberattaques ne cesse d’augmenter, tout comme leur niveau de sophistication. Les acteurs malveillants n’épargnent aucune structure et portent atteinte aussi bien à des entreprises, à des administrations qu’à des services de santé.

Ils ont des finalités diverses : gains financiers, espionnage, déstabilisation, sabotage, etc., avec de lourdes conséquences à la clé. « Nous recensons dix millions d’attaques par mois venant de Russie, rien que pour le système d’information du gouvernement. Le nombre de ces attaques est exponentiel », a confié Olivier Buffeteau, directeur adjoint de la direction du Numérique et de la modernisation (DINUM) de la Nouvelle-Calédonie.

Les questions de cybersécurité sont donc devenues un enjeu majeur pour les économies et les territoires. C’est pourquoi le gouvernement souhaite créer des outils afin de protéger efficacement les systèmes d’information. « Nous voulons mettre en place une politique cohérente avec un vrai écosystème qui se développe autour de la Tech et du numérique. Pour matérialiser cette ambition, nous avons besoin de confiance numérique », a indiqué Christopher Gygès.

Un centre à vocation régionale

S’inscrivant dans le volet cybersécurité du plan France Relance, mis en place par l’État, ce centre de ressources de cybersécurité à vocation régionale, en relation avec l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), sera mis sur pied par la Nouvelle-Calédonie, via sa direction du Numérique et de la modernisation (DINUM). « Nous sommes de petits territoires, nos viviers de compétences sont limités, il est donc intéressant de mettre en commun nos moyens, a ajouté Olivier Buffeteau. Nous devons également adresser la problématique par rapport à nos spécificités, en nous adaptant à nos populations et c’est pour cela que cette nouvelle structure doit être régionale. »

Ainsi la Polynésie française et Wallis-et-Futuna pourraient intégrer ce centre de ressources. « Il s’agit d’une case de plus de cochée dans la trajectoire pour le développement du digital et de l’innovation Tech, a rappelé Vaimu’a Muliava. Cela me renvoie au Digital Festival 2019, en Polynésie française, durant lequel il était question de cybersécurité et de gestion des risques, notamment naturels. C’est à la suite de cela qu’avec mon collègue Christopher Gygès, nous avons créé la DINUM et recruté un directeur adjoint expert en cybersécurité, Olivier Buffeteau, afin de travailler à un plan d’actions. »

« Lors de mes déplacements en Polynésie française, j’ai vu qu’ils travaillaient aussi sur la cybersécurité en mettant l’accent sur le secteur de la santé, a assuré Vaimu’a Muliava. Nous avons donc échangé sur les démarches communes à envisager pour créer un environnement de confiance sécurisé et sain, en matière de cybersécurité, mais aussi pour structurer une réponse commune auprès de l’Etat. »

Une structure fédératrice

Cette structure fédératrice aura pour vocation de référencer tous les acteurs concernés et de sensibiliser à la cybermalveillance en lien avec les institutions, les partenaires privés et les associations, mais aussi de centraliser les indicateurs relatifs à la cybersécurité à titre d’observatoire.

Le centre de ressources aura également pour mission d’assurer un conseil et de développer la mise en relation des victimes de cybercriminalité avec les entreprises locales compétentes pour les aider dans leurs démarches ou leur fournir les informations nécessaires sur les poursuites juridictionnelles. « Cette initiative n’est pas en concurrence avec le secteur privé, mais plutôt complémentaire, a affirmé Christopher Gygès. La Nouvelle-Calédonie, à travers le gouvernement et ce projet, se positionne, en lien avec la Polynésie française et l’État, comme une place forte de la cybersécurité dans le Pacifique. »

« Ce centre ayant une vocation régionale, il est important de voir dans quelle mesure la Polynésie française et Walis-et-Futuna souhaiteraient rejoindre cet élan pour la sécurité de nos hôpitaux et nos entreprises respectives », a ajouté Vaimu’a Muliava.

Cette structure devra enfin faire le lien avec l’ANSSI et le centre gouvernemental de veille, d’alerte et de réponse aux attaques informatiques (CERT-FR) et développer la communauté cyber dans le Pacifique francophone.