ACROVI donne la parole aux jeunes

ACROVI donne la parole aux jeunes

30 juillet 2019

Sécurité civile et prévention Éducation et formation

Les messages de prévention doivent s’adresser aux jeunes de 6 à 18 ans et peuvent être conçus sous forme de bandes dessinées, de slogans, d’affiches, de vidéos, etc.

Les messages de prévention doivent s’adresser aux jeunes de 6 à 18 ans et peuvent être conçus sous forme de bandes dessinées, de slogans, d’affiches, de vidéos, etc.

Depuis juin, 42 classes d’élèves du  CP à la terminale participent au concours ACROVI (Alcool Cannabis Route Violence) initié par le gouvernement dans le cadre du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance. Objectif : permettre aux jeunes de devenir acteurs de la prévention des risques en les faisant plancher sur des messages de sensibilisation.

Addictions, risques routiers, atteintes aux biens, violences aux personnes… Les campagnes de sensibilisation à destination des jeunes se suivent, et se ressemblent. Pour inverser cette tendance, le gouvernement innove en donnant la parole aux jeunes. « L’idée est de les inciter à concevoir eux-mêmes les messages de prévention qui leur seront diffusés dès la rentrée 2020, notamment sur les supports mis à leur disposition : cahiers de liaison, sites internet des établissements, livrets APER (attestation de première éducation routière), etc. », explique Sébastien Lemoine, chargé de la mise en œuvre du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance au gouvernement.

Un concours qui rassemble

Le dispositif a pris la forme d’un concours ouvert à tous les lycées, collèges et écoles primaires du pays, publics comme privés. « 20 établissements, soit 42 classes, y participent, ainsi que les mineurs incarcérés au Camp Est et 25 jeunes des foyers de la direction de la Protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse », poursuit le chargé de mission. Au sein de ces établissements, le travail de création s’est organisé sur le temps scolaire avec la participation de nombreuses bonnes volontés : enseignants, professeurs, infirmières, etc. « Les équipes se sont saisies de ce projet de façon transversale et les différentes disciplines se sont retrouvées autour des élèves pour instaurer une dynamique », se félicite Gérald Giocomino, chef du service de la vie scolaire, de la santé et du social au vice-rectorat.

Des interventions extérieures

Si certaines classes ont préféré se concentrer sur un ou deux sujets (cannabis et alcool en tête), d’autres ont choisi de traiter les quatre thématiques du concours. Mais toutes ont assisté à des sessions de sensibilisation dispensées par la brigade de prévention de la délinquance juvénile et la direction de la Sécurité publique. « La brigade tient beaucoup à ce projet. Il nous permet de créer de l’interaction avec les jeunes, de leur donner la parole, c’est nous qui prenons alors la place des écoutants et non plus eux, comme cela se produit habituellement dans un format conférence », souligne Céline Cuvillier, à la tête de la brigade qui a déjà rencontré 14 classes en lice à travers toute la Calédonie (Lifou, Moindou, Yaté, Poindimié, Païta…).

Résultats en octobre

Pour l’heure, les élèves qui participent au concours s’attèlent à la finalisation de leurs créations qui devront être rendues en août. S’ouvrira alors une période de vote du public sur le site internet et la page Facebook de Zéro Tolérance. Les votes seront aussi possibles lors de la fête de l'École calédonienne, le 14 septembre au centre culturel Tjibaou. Les créations y seront exposées.
Les 12 lauréats – trois œuvres seront sélectionnées par thématique et par type d'établissement – seront invités au gouvernement en octobre pour une remise de prix  qui réunira les membres du gouvernement et les responsables des directions impliquées dans le projet.

Ce qu’ils en pensent
Le concours ACROVI a été présenté au lycée du Mont-Dore, en présence de tous les partenaires de l’opération. Dans cet établissement, l’équipe éducative accompagne une classe de CAP et une classe de terminale qui participent au concours. Témoignages :

Marie Uzan, professeure de français :
« Nous avons commencé ce projet juste après un travail sur la poésie. J’ai donc proposé aux élèves de s’appuyer sur l’un pour réaliser l’autre. Les rimes, le rythme, les sens des mots nous ont permis  d’approcher les slogans de prévention de façon structurelle. Certains ont fait des trouvailles épatantes et je dois dire que grâce à cet exercice, mon vocabulaire s’est enrichi de certains mots qu’ils utilisent entre eux et que j’ignorais ! »

Vaïana Coudert-Vaillard, professeure d’arts appliqués :
« Ce projet est super car il permet de mobiliser les élèves au-delà du strict cadre scolaire, c’est très valorisant pour eux. J’ai proposé à mon groupe de travailler sur des pochoirs en s’inspirant de l’artiste Miss. Tic. Ils ont tout de suite accroché à cette idée ! Au-delà du concours, nous prévoyons de réaliser une installation au sein du lycée qui permettra d’exposer ces créations. »

Zoraya et Dylan, 16 ans, élèves :
« C’est bien, ça nous plaît. Certains ont préféré écrire les slogans, ils avaient plein d’idées, d’autres sont plus dans le dessin. Pour notre projet de pochoirs, on a d’abord fait des photos au Smartphone qu’on a traitées avec une appli. Après, on les a mises en page sur ordinateur et on les a imprimées. Maintenant, on retravaille les contours des dessins. On a hâte de passer aux bombes de peinture et de voir le résultat ! Peut-être qu’on gagnera le concours… »

Marie-Christine Garin, coordinatrice des infirmières scolaires au vice-rectorat :
« La participation des intéressés est une qualité fondamentale à tout programme de prévention, notamment quand il s’agit des jeunes. D’une part parce que les messages qu’ils vont concevoir seront légitimes. D’autre part parce qu’à travers cette démarche,  on les écoute et on retient leurs paroles ce qui ne peut qu’améliorer leur estime d’eux-mêmes et les responsabiliser… »

 

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