La lutte contre les violences conjugales en actions

La lutte contre les violences conjugales en actions

08 juin 2020

Société Sécurité et prévention

Le Comité de suivi s’est déroulé sous la présidence du haut-commissaire et du président du gouvernement, en présence notamment d’Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de la lutte contre les violences intrafamiliales.

Le Comité de suivi s’est déroulé sous la présidence du haut-commissaire et du président du gouvernement, en présence notamment d’Isabelle Champmoreau, membre du gouvernement en charge de la lutte contre les violences intrafamiliales.

Plus de six mois après le Grenelle contre les violences conjugales, le premier comité de suivi s’est tenu vendredi 5 juin, à Dumbéa. L’occasion de dresser le bilan des actions déjà engagées et de celles, nombreuses, encore à venir.

« Il n’est plus temps de s’élever contre ces comportements, il est temps d’agir et de tout mettre en œuvre », a lancé le président du gouvernement Thierry Santa en ouverture de ce premier comité de suivi qui réunissait l’ensemble des institutions et des partenaires. Les chiffres du premier semestre 2020 sont en effet inquiétants : 430 procédures enregistrées contre 916 sur l’année 2019, et 641 en 2018, selon le procureur de la République Yves Dupas. « Il n’y a pas eu d’accalmie pendant le confinement, note-il. De tels chiffres nous obligent à redoubler d’efforts ».

 

Sur le pont pendant le confinement

 

Des chiffres qui interpellent d’autant plus que de nombreuses actions nouvelles ont été lancées pendant cette première moitié de l’année et notamment pendant le confinement. « 30 000 cartes de contact d’urgence pour les adultes - les "pockets VIF" – et 20 000 cartes pour les jeunes, ont été distribuées dans les lieux publics et les établissements scolaires des trois provinces, ainsi qu’une édition en braille », a détaillé Isabelle Champmoreau.

Des dispositifs de signalement ont également été mis en place dans le cadre d’un partenariat du gouvernement avec l’ordre des pharmaciens, le haut-commissariat, la police nationale et la gendarmerie pour permettre aux victimes de se faire connaître auprès des officines, ou encore avec l’OPT-NC pour un signalement par SMS.

 

Des dispositifs nouveaux

 

Du côté de la justice, le téléphone grave danger a été lancé. Deux victimes en sont déjà équipées pour leur permettre de donner l’alerte. Un bracelet anti-rapprochement devrait être déployé dans les prochains mois, ainsi qu’un stage de citoyenneté spécifique aux violences intrafamiliales.

Le gouvernement poursuit également son action. Sous l’impulsion du membre en charge de l’économie, Christopher Gygès, une charte d’engagement réunissant partenaires économiques et associations est en cours d’élaboration. Un site Internet sera lancé prochainement et le vice-rectorat entend accentuer ses efforts en faveur de l’éducation à l’égalité à l’école (lire l’encadré).

Ces projets alimenteront l’ordre du jour du prochain comité de suivi du Grenelle des violences conjugales prévu en novembre.

 

« Parce que les violences conjugales peuvent impacter la vie professionnelle, a expliqué Christopher Gygès, les entreprises ont aussi un rôle de détection et de signalement. »

« Parce que les violences conjugales peuvent impacter la vie professionnelle, a expliqué Christopher Gygès, les entreprises ont aussi un rôle de détection et de signalement. »

 

 

La salle du conseil municipal de Dumbéa a accueilli le premier comité de suivi du Grenelle contre les violences conjugales.

La salle du conseil municipal de Dumbéa a accueilli le premier comité de suivi du Grenelle contre les violences conjugales.

 

 

 

Quelques actions en cours et à venir

  • www.stop-violences-femmes.nc sera mis en ligne dans quelques mois. Financé par la Nouvelle-Calédonie, ce site internet devra permettre un accès facile et immédiat à l’information.
  • L’OPT-NC a reconduit cette année sa prise en charge des communications des associations en charge des violences faites aux femmes (SOS Écoute, SOS violences sexuelles, etc.)
  • Une enquête « Cadre de vie et sécurité » sera menée en 2021. Elle permettra de disposer de données chiffrées actualisées.
  • Un « Dispositif mobile solidaire » sera mis en circulation fin 2020, sous la forme d’un bus. Coordonné par la Croix-Rouge, en partenariat avec les associations Adavi et Femmes et violences conjugales, sa mission sera de mieux détecter et traiter les situations d’urgence.
  • La labellisation « 3E » (éducation à l’égalité à l’école) doit être généralisée cette année à tous les établissements du secondaire (à ce jour, 40 % sont labellisés) ; une sensibilisation à l’égalité entre les filles et les garçons à l’école, en droit, devoir et dignité, doit être assurée dès l’école primaire dans le cadre de la réforme des programmes en cours.

 

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