Les auxiliaires en ordre de bataille

Depuis lundi, les « mandarines » assistent les services d’intervention et de prévention dans 32 communes.

Depuis lundi, les « mandarines » assistent les services d’intervention et de prévention dans 32 communes.

La troisième promotion des auxiliaires de sécurité civile est opérationnelle. Après cinq jours de formation au CISE de Koutio, 94 jeunes ont reçu un diplôme avant de rejoindre leur site d’affectation. La cérémonie s’est déroulée en présence d’Hélène Iékawé, membre du gouvernement en charge de l’enseignement.

En rangs serrés, fiers et disciplinés, les 57 filles et 37 garçons de cette promotion 2018-2019 des auxiliaires de sécurité civile n’étaient pas peu fiers d’avoir validé leur formation. Du 26 au 31 août, au Centre international sport et expertise (CISE) de Koutio, la Croix-Blanche et la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) leur ont dispensé quatre modules : PSC1 (premiers secours), prévention des risques majeurs en Nouvelle-Calédonie, guetteur feux de forêt, et opérateur feux de forêt.

A l’issue de ces cinq jours intenses, ces volontaires du service civique ont reçu, à tour de rôle, leur diplôme des mains de la représentante du gouvernement, Hélène Iékawé, du représentant de l’Etat, Jules Hmaloko, ou du directeur de la Sécurité civile, Eric Backès.

Hélène Iékawé a félicité et remercié les jeunes pour leur « engagement solidaire » et les a invités à poursuivre avec « rigueur ». Deux anciens auxiliaires de sécurité civile, aujourd’hui pompiers volontaires, ont remis symboliquement à la nouvelle promotion l’équipement collectif des « guetteurs de feu » : boussole, paire de jumelles et moyens de transmission.

 

Hélène Iékawé félicite une des volontaires. Cette promotion compte une majorité de jeunes filles.

Hélène Iékawé félicite une volontaire. Cette promotion compte une majorité de jeunes filles.

 

« Montrer le bon exemple »

Le document officiel en main, la satisfaction se lisait sur le visage de chacun. Pour Lorenza, de Koné, « c’est dur pour nous les jeunes d’avoir un travail, alors cette formation et pouvoir servir dans la sécurité civile, c’est important, c’est une bonne expérience. » Emmanuelle, de Koumac, est contente de « pouvoir aider les personnes, les sensibiliser aux dangers ». Anne, de Bélep, y voit l’occasion de « montrer le bon exemple » et « c’est un avantage de connaître les gestes à faire pour le secours ». Sa voisine, de Lifou, dit sa « fierté que le pays soit porté par nous, les jeunes ».

« Fierté », le mot qui revient le plus dans la bouche des nouvelles recrues. Beaucoup envisagent ensuite de s’engager dans la gendarmerie ou de devenir pompiers. C’est le cas du compagnon de Lyam ; la jeune femme filme son chéri recevant son diplôme : « C’est grâce à sa volonté, à sa motivation et au soutien de sa famille qu’il a réussi. On est très fiers de lui. »

« Ça leur ouvre des portes »

Dès ce lundi, les jeunes ont rejoint leurs sites d’affectation. Ils sont répartis au sein de 32 communes, des trois syndicats intercommunaux à vocations multiples (SIVM de La Foa, Nord et Sud), de la DSCGR et de la société d’économie mixte Mwé Ara. Leur mission principale jusqu’au 28 février 2019 : la prévention des risques majeurs en Nouvelle-Calédonie (feux de forêt, cyclones, tsunamis et arboviroses – dengue, chikungunya, zika), la sensibilisation des populations à ces risques ou le soutien des services publics dans la lutte contre ces calamités.

« C’est très positif que des jeunes s’engagent volontairement pour six mois au nom de l’intérêt général, et dans une période sensible, celle des feux de forêt », souligne Eric Backès. Le chef de corps des pompiers d’Ouvéa accueille deux opérateurs, pour sensibiliser la population, délivrer des renseignements… « C’est notre troisième promotion à Ouvéa, ceux-là sont bien motivés, ils ont tenu le coup pendant la formation. Pour les jeunes de l’île, c’est aussi l’occasion de voir autre chose, ça leur ouvre des portes. »

« Très motivés »

Selon Céline Barré, chargée d’étude au service opérations et gestion de crise de la Sécurité civile, qui chapeaute cette promotion, « il y a un engouement cette année. On est passé de 70 environ en 2016 et 2017 à 94 jeunes. On a fait plus de communication et, après les deux premières promotions, les communes voient mieux l’utilité des auxiliaires. Et puis les anciens sont devenus des ambassadeurs. Les jeunes qui ont été retenus sont très motivés et beaucoup sont intéressés par les métiers liés à la sécurité civile. » Un bilan mensuel des compétences acquises sera réalisé auprès des jeunes, et un bilan final au bout des six mois.

Une formation intense se termine. Relâche avant six mois de service civique assidu.

Une formation intense se termine. Relâche avant six mois de service civique assidu.

 

 

 

Deux missions spécifiques feux de forêt

En plus de leur mission principale, quatre auxiliaires de sécurité civile sont « guetteurs feux de forêt » : ils participent aux côtés des services d’intervention à la surveillance des départs de feux en milieu naturel ou rural, à l’alerte des services d’intervention et à la prévention et à la sensibilisation auprès des populations. Deux auxiliaires sont « opérateurs feux de forêt » : ils participent aux côtés des services d’intervention à la réception des appels concernant les feux de forêt, à la transmission des informations aux services d’interventions, et à la prévention et à la sensibilisation auprès des populations.

Un dispositif reconduit

formation

Le dispositif des auxiliaires de sécurité civile est cofinancé par l’État (40 millions de francs) et la Nouvelle-Calédonie (26 millions de francs). Il s’insère dans le cadre du service civique via une convention entre la direction de la Jeunesse et des sports (DJS) – qui agit pour le compte de l’Agence nationale du service civique –, la Nouvelle-Calédonie et le volontaire. D’une durée de six mois, il s’adresse à des jeunes de 18 à 25 ans sans condition de diplôme et donne lieu notamment au versement par l’État d’une indemnité.

Les partenaires de l’opération sont : l’État, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie à travers la DSCGR et la DJS ; ainsi que l’Établissement provincial de l'emploi, de la formation et de l'insertion professionnelle pour les îles Loyauté (EPEFIP), la Mission locale d'insertion des jeunes de la province Nord (MLIJPN) et la Mission d’insertion des jeunes de la province Sud (MIJ), notamment pour la phase de recrutement des volontaires.

 

 

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