Taxer l’alcool pour changer les comportements

Taxer l’alcool pour changer les comportements

08 décembre 2017

Santé et social

En 2018, le prix de toutes les boissons alcoolisées augmentera de 20 à 25 %.

En 2018, le prix de toutes les boissons alcoolisées augmentera de 20 à 25 %.

Dans le cadre de la lutte contre l’alcoolisme, la délinquance routière et les violences conjugales, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a arrêté un projet de délibération qui vise à augmenter la taxe appliquée aux boissons alcooliques importées et fabriquées localement. Les prix de vente au consommateur augmenteraient de 20 à 25 %.

« Il s’agit d’un texte d’importance, fortement recommandé par le plan de santé Do Kamo, et qui répond à la demande unanime des élus du Congrès de réaliser un projet commun pour lutter contre la délinquance, l’insécurité routière et toutes les maladies liées à la consommation excessive d’alcool », a indiqué le porte-parole du gouvernement Nicolas Metzdorf.

Arrêtée dès la première réunion du gouvernement, mercredi 6 décembre, cette mesure propose de jouer sur deux leviers fiscaux : la taxe sur les alcools et les tabacs en faveur du secteur sanitaire et social (TAT3S) qui concerne toutes les boissons alcoolisées, qu’elles soient fabriquées localement ou importées ; et la taxe de consommation intérieure (TCI) qui ne concernera que les spiritueux importés (whisky, gin, vodka).

« L’augmentation de ces taxes entraînera une hausse moyenne de 20 à 25 % des prix de vente des boissons alcoolisées, pour un rendement attendu de 4,5 milliards de francs », a détaillé Nicolas Metzdorf.

Lutter contre les consommations excessives

Le produit de l’augmentation de ces taxes reviendra pour une large part à l’Agence sanitaire et sociale afin de contribuer au financement de la protection sociale et de la santé via le RUAMM (régime unifié d’assurance maladie et maternité). Il permettra aussi de mettre en œuvre le plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (qui sera prochainement proposé au Congrès) et de participer au fonctionnement des hôpitaux, à la charge des provinces.

Enjeu de santé publique, de sécurité routière et de lutte contre la délinquance, cette mesure vise notamment les jeunes adultes, particulièrement sensibles aux prix des boissons alcoolisées, dans l’objectif de les dissuader de consommer excessivement.

« Nous voulons aller vite », a ajouté le porte-parole, précisant que le texte devrait être examiné rapidement par les élus du Congrès, dans l’espoir d’une entrée en vigueur « dès le 1er janvier 2018 ».

 

Pour des politiques d’entreprises « Zéro alcool »

Une Matinée de la prévention sur le thème des pots de fin d’année en entreprises, organisée par la direction du Travail et de l’emploi (DTE) et la mission sécurité routière du gouvernement, a réuni une soixantaine de chefs d’entreprises à la province Sud, jeudi 7 décembre. Objectifs : sensibiliser les employeurs sur les conséquences de la consommation d’alcool et les inciter à exclure cette pratique de leurs entreprises en toutes circonstances.

« L’alcool est malheureusement banalisé dans notre société, indique le chef du service prévention des risques professionnels à la DTE, Philippe Di Maggio. Nous souhaitons au contraire le discriminer pour faire changer les mentalités des employeurs, des salariés et, par ricochet, des familles et de leurs enfants. Les entreprises doivent participer à cette démarche. »

 

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