Le Schéma pour la transition énergétique de la Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie s’est engagée dans la construction de sa politique publique "climat". Celle-ci repose sur deux volets : le schéma pour la transition énergétique (STENC) et le schéma d'adaptation aux changements climatiques.

Mise à jour : 21 juillet 2016

STENC

Le STENC a été présenté en tant que contribution de la Nouvelle-Calédonie dans le cadre des accords internationaux conclus lors de la 21ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) qui s’est tenue à Paris, en décembre 2015.

Cette démarche a permis à la Nouvelle-Calédonie de s’engager - par l’intermédiaire de la France, elle-même représentée par l’Europe - dans l’Accord de Paris sur le climat. Ce premier accord universel sur le climat vise un objectif commun : contenir le réchauffement global de la planète en deçà de 2°C d’ici à 2100. Cette position novatrice et ambitieuse de la Nouvelle-Calédonie traduit son engagement à participer, aux côtés de près de 180 pays signataires, à l'effort de réduction des gaz à effet de serre.

 

 

Le schéma pour la transition énergétique (STENC) définit la stratégie énergétique de la Nouvelle-Calédonie à l’horizon 2030. Adopté en juin 2016, il constitue le cadre de la politique applicable jusqu’en 2030.

 

Comment est-il bâti ?

 

Reposant sur des objectifs chiffrés forts, le STENC s’articule autour de trois grands volets :

  • un vaste programme d’économie d’énergie,
  • le développement des énergies renouvelables afin d’améliorer l’autonomie énergétique de la Nouvelle-Calédonie,
  • une réduction significative de nos émissions de gaz à effet de serre.

 

Pour atteindre les objectifs fixés, le STENC s’appuie sur sept axes stratégiques transversaux :

  • adopter un cadre normatif au service de la transition énergétique,
  • concilier performances économiques des industries et réduction des impacts environnementaux,
  • intensifier le recours aux énergies renouvelables,
  • permettre à chacun d’être un acteur écoresponsable,
  • structurer un modèle de gouvernance adapté aux défis énergétiques et climatiques,
  • garantir un droit d’accès à l’énergie, en particulier pour les populations des territoires ruraux et insulaires, et lutter contre la précarité énergétique et climatique,
  • soutenir la recherche et l’innovation pour renforcer l’efficacité des politiques énergétiques.

 

Ces axes stratégiques sont ensuite déclinés en leviers d’actions (au nombre total de vingt-trois) transverses ou sectoriels, c’est-à-dire spécifiques aux différents domaines d’activité de la Nouvelle-Calédonie - métallurgie, industrie légère, agriculture et pêche, résidentiel et tertiaire, transport et mobilité, énergies renouvelables, climat et secteurs transverses.

Enfin, dans chacun de ces domaines, le STENC propose des pistes d’actions (au nombre total de quatre-vingt-onze) formalisées par des fiches pratiques que les autres collectivités (provinces et communes) pourront s’approprier. Ces fiches détaillent les acteurs concernés (privés ou publics), un niveau de coût et un phasage à court, moyen et long termes, visant à assurer la cohérence du schéma et la programmation des investissements.

 

Une agence calédonienne de l’énergie

 

Une agence de l’énergie, financée par une taxe affectée, sera créée pour assurer la mise en œuvre du schéma. Le rôle de cet outil de coordination sera d’accompagner les collectivités et les acteurs professionnels dans la mise en œuvre de leurs actions, de financer des programmes de maîtrise de la consommation énergétique et des aides à l’équipement, ou encore d’être un levier pour l’innovation à travers le financement d’études sur des secteurs d’avenir.

 

Qui en sont les auteurs et les acteurs ?

 

Le STENC a été élaboré, sous l’impulsion du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, en partenariat avec l’ensemble des acteurs institutionnels, associatifs, publics et privés du territoire, entre 2010 et 2015. Le comité permanent de l’énergie (CPE), créé par la délibération n° 377 du 23 avril 2008, a piloté la démarche, sous la responsabilité de la direction de l’Industrie, des mines et de l’énergie de la Nouvelle-Calédonie (DIMENC).

 

Le schéma pour la transition énergétique constitue un document de planification cadre, et déclinable à différentes échelles et selon les compétences de chacune de ces collectivités. Sa réalisation, sa mise en œuvre, son suivi et son évaluation mettent donc en mouvement l’ensemble de ces acteurs vers des objectifs, des orientations stratégiques et des actions en matière de maîtrise de l’énergie contribuent à la dynamique du développement durable de la Nouvelle-Calédonie.

Les provinces et les communes sont invitées à adhérer à la démarche et à proposer leurs propres plans d’actions s’inscrivant dans les objectifs et les orientations fixées par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

 

 

 

Le STENC est une feuille de route

pour la mise en œuvre et la coordination

des actions de l’ensemble des acteurs concernés par la transition énergétique.

 

graphique architecture du stenc.jpg

 

 

 

Définition

La transition énergétique désigne le passage d’un modèle économique fortement consommateur d’énergie à un modèle plus durable devant répondre aux enjeux d’approvisionnement en énergie, d’évolution des prix, d’épuisement des ressources naturelles et de préservation de l’environnement. Aujourd’hui, la production électrique calédonienne n’est couverte qu’à 11 % par les énergies renouvelables.

 

 

 

 

https://gouv.nc/actualites/23-06-2016/la-transition-energetique-adoptee-au-congres

 

 

Et après ?

 

L’une des grandes forces du STENC réside dans sa capacité à évoluer. En effet, s’il développe aujourd’hui un volet « atténuation des impacts du changement climatique », il est à noter qu’il sera complété ultérieurement par un volet « adaptation au changement climatique ».

De même, les leviers et pistes d’actions identifiés ne constituent pas un programme fermé. Celui-ci fera l’objet d’une actualisation tous les cinq ans, en concertation avec les acteurs économiques et les représentants de la société civile.

 

Le STENC est le début d’un processus corrélé

au devoir d’exemplarité de la Nouvelle-Calédonie en tant que pays de l’Océanie, qui sera la première partie du monde impactée par les changements climatiques.

Aujourd’hui, la Nouvelle-Calédonie est dépendante à plus de 96 % au niveau énergétique. C’est-à-dire que les besoins de l’île sont couverts à 96 % par des importations de charbon et de produits pétroliers (essence, gazole, gaz (GPL), kérosène et fioul lourd).
La dépendance et la taille de son marché, comparés à de plus grands pays de zone Asie-Pacifique, rendent la Nouvelle-Calédonie très vulnérable sur le plan de l’approvisionnement énergétique.

Cette vulnérabilité se double d’un réel manque à gagner du fait de la faiblesse de l’exploitation et de la valorisation des ressources renouvelables locales : alors que la Nouvelle-Calédonie importe plus de 96 % de son énergie, sa production électrique n’est couverte qu’à 11 % par les énergies renouvelables. Le STENC a pour ambition de renverser cette tendance d’ici 2030.

Le STENC répond aux enjeux stratégiques suivants :

  • réduire la dépendance énergétique,
  • garantir la sécurité d'approvisionnement,
  • garantir un prix compétitif de l'énergie,
  • limiter les impacts sur l'environnement.

 

https://gouv.nc/dossiers/priorite-au-renouvelable-avec-le-schema-pour-la-transition-energetique

 

 

 

Le STENC est le moteur d’une politique publique calédonienne

tournée vers le développement durable,

essentielle pour aborder

la nécessaire transition énergétique du pays.

 

Définition

 

Le développement durable traduit « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs*». Par conséquent, le développement durable s’applique à l’ensemble des activités humaines.

*Selon le rapport Brundtland rédigé en 1987 par la commission mondiale sur l’environnement et de développement de l’organisation des Nations Unies.

Le STENC vise des objectifs ambitieux pour une inversion durable des consommations et un développement volontariste des énergies renouvelables. Ils ont été établis à partir du diagnostic énergétique et des projections de consommation à 2030.

 

 

 

Objectif n° 1 : réduire nos consommations énergétiques

Objectif n° 1 : réduire nos consommations énergétiques

Le poids dans la balance commerciale de la Nouvelle-Calédonie de l’importation de combustibles et la hausse prévisible des prix des produits pétroliers, font de la réduction des consommations énergétiques un vecteur essentiel pour réduire la facture des Calédoniens et contribuer à améliorer la compétitivité des entreprises du territoire.

 

 

Ainsi, le STENC vise à réduire les consommations énergétiques pour atteindre, d’ici 2030, les objectifs suivants :

  • -20 % dans la consommation primaire (avec la mine et la métallurgie),
  • -25 % dans la consommation finale (hors mine et métallurgie).

 

 

 

Objectif n° 2 : accroître la part du renouvelable

Objectif n° 2 : accroître la part du renouvelable

Dans le but de réduire la dépendance énergétique de la Nouvelle-Calédonie, les énergies renouvelables devront constituer une part significative du mix énergétique calédonien. C’est pourquoi les objectifs de développement des énergies renouvelables représentent un volet important du schéma.

 

 

Ainsi, le STENC vise à doubler la part du renouvelable pour atteindre, d’ici 2030, les objectifs suivants :

  • une production de source renouvelable représentant 100 % de la consommation d’électricité de la distribution publique,
  • l’autonomie électrique dans les îles.

 

 

 

Objectif n° 3 : Réduire nos émissions de gaz à effet de serre

Objectif n° 3 : Réduire nos émissions de gaz à effet de serre

Dans un contexte mondial de lutte contre le réchauffement climatique, la Nouvelle-Calédonie doit établir un plan de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre pour préserver son environnement. Dotée d’une telle stratégie la Nouvelle-Calédonie pourra ainsi prendre part aux discussions et accords mondiaux sur le climat.

 

 

Ainsi, le STENC vise à réduire nos émissions de gaz à effet de serre pour atteindre, d’ici 2030, les objectifs suivants :

  • -35 % d’émissions de CO2 dans les secteurs résidentiel et tertiaire (soit 70 000 tonnes équivalent carbone évitées sur une année),
  • -10 % d’émissions dans le secteur de la mine et la métallurgie (soit 140 000 tonnes équivalent carbone évitées sur une année),
  • -15 % d’émissions dans le secteur du transport (soit 40 000 tonnes équivalent carbone évitées sur une année).

 

 

 

Ppanneau solaire

 

Le STENC propose au total quatre-vingt-onze pistes d’actions. En voici un exemple par secteur.

Pour consulter le STENC dans son intégralité, téléchargez le document. (lien vers PDF : https://maitrise-energie.nc/lenergie-en-nouvelle-caledonie/schema-pour-la-transition-energetique-de-la-nouvelle-caledonie-2016)

 

La Métallurgie et la Mine

Piste d’action n° 5 : mise en place d’un cadre de compensation des émissions de gaz à effet de serre.

 

Industrie, agriculture et pêche

Piste d’action n° 12 : valoriser les déchets agricoles et industriels (biomasse animale et végétale).

 

Résidentiel et tertiaire

Piste d’action n° 13 : mettre en place une réglementation énergétique des bâtiments.

 

Transport et mobilité

Piste d’action n° 39 : inciter les entreprises et les administrations à optimiser les modes de déplacement de leur personnel.

 

Energies renouvelables

Piste d’action n° 64 : mettre en place un cadre d’incitation économique au développement des énergies renouvelables.

 

Climat

Piste d’action n° 67 : soutenir les études visant à élaborer une stratégie d’adaptation au changement climatique.

 

Secteurs transverses

Piste d’action n° 75 : mettre en place d’un point info énergie à destination de la population.

 

Agriculture

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